Les marchands de rue, en particulier ceux vendant des fruits et légumes, ont pendant longtemps constitué une concurrence directe aux maraîchers, qui se réjouissent que leurs ventes au Marché central de Port-Louis aient augmenté de 20 % depuis le relogement des colporteurs dans la capitale.
Dans une déclaration au Mauricien, Issoop Soobadar, président de l’association des maraîchers, explique que cette relance des activités et ventes au Marché central concerne également les marchands de fruits. « Nous avons retrouvé des vieux clients et nous avons également eu de nouveaux. Le Marché central est de nouveau très fréquenté durant l’heure de déjeuner », se réjouit-il. Cette association, pour rappel, est une des parties instigatrices d’une action légale qui a débouché vers un jugement de la Cour suprême le 16 août 2012 visant à interdire tout commerce de rue dans un rayon de 500 mètres du Marché central. Mais ce n’est que maintenant que les autorités se sont décidées à appliquer de manière ferme et dans la durée l’ordre de la Cour, visant à interdire toute activité des marchands ambulants dans quatorze rues de Port-Louis.
La satisfaction est de mise au niveau des maraîchers depuis l’entrée en vigueur du plan de relogement des colporteurs. « Port-Louis sans marchands ambulants, c’est du jamais vu ! Zame mo ti a krwar », s’exclame Issoop Soobadar qui salue au passage le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth qui, dit-il, « a tenu sa promesse donnée durant la campagne électorale de faire respecter le jugement de la Cour ». Il exprime sa satisfaction quant au fait que le ministre des Collectivités locales, le Lord-maire, l’inspectorat de la municipalité et la police ont agi en conséquence. Le relogement, commente Issoop Soobadar, est un moyen pour les marchands ambulants de passer du secteur informel au secteur formel. « Nou remersie bann marsan anbilan kinn pran zot plas. Nou dimann Bondie donn zot kouraz pou ki zot travay marser. Zot nepli pou ena pou galoupe kan trouv la polis. Zot bizin satisfe avek lespas travay kado ki pe donn zot. Pied carré dans Port Lwi bien cher », dit-il. Au sujet de la présence policière sur le terrain, le président de la MTA ajoute : « Je remercie le Commissaire de police, Mario Nobin, ainsi que ses lieutenants qui ont fait un travail formidable. Le public est en est satisfait. Les gens peuvent enfin circuler normalement et il y a moins de voleurs à la tire. »
Cependant, le président de l’association des maraîchers soutient que seulement 90 % des rues ont été libérées des marchands ambulants, certaines continuant d’attirer ce type de commerce illégal. Il cite notamment Pump Street, située près du site du Central Market Auction Sale. Des colporteurs continuent à y vendre des fruits et légumes en dépit du fait qu’elle figure parmi les quatorze où leurs activités sont formellement interdites.  Issoop Soobadar suggère à la police d’y effectuer des descentes, particulièrement les mardis et samedis à 4 h du matin durant la vente à l’encan.