La grève des maraîchers prévue pour demain est suspendue. La décision a été prise par la Market Traders Association (MTA) après les « changements » notés sur le terrain depuis l’annonce de cette grève de la faim illimitée dans la cour de la municipalité de Port-Louis. L’association des maraîchers a en effet obtenu la garantie des autorités que le nécessaire serait fait pour décourager les marchands ambulants autour du périmètre du marché central.
Depuis l’annonce de quatre maraîchers du marché central de Port-Louis d’entamer une grève de la faim comme ultime recours pour faire entendre leurs revendications, et protester ainsi contre l’absence de mesures fortes par les autorités pour chasser les colporteurs des rues de la capitale, les réunions avec les représentants des forces de l’ordre et de la municipalité se sont succédées la semaine dernière. Après des réunions avec la police, c’était au tour de la Lord-Maire, Dorine Chuckowry, de rencontrer les maraîchers vendredi. Lors de cette rencontre, cette dernière aurait donné l’assurance que la municipalité allait rétablir l’ordre sur le terrain. Même son de cloche du côté de la police.
Issoop Soobedur, président de la MTA, qui dénonçait le manque de contrôle de la part des autorités et le manque d’ordre, affirme avoir noté des « changements positifs sur le terrain » avec la présence de policiers pour chasser les marchands ambulants. « Zot inn fer zot travay », reconnaît-il. « Après mûres réflexions, nous avons décidé de geler la grève de la faim jusqu’à nouvel ordre. »
Mais qu’est-ce qui a poussé la MTA à geler sa décision de grève de la faim ? « Nous avons obtenu la garantie de la police que la situation serait sous contrôle et le résultat est visible sur le terrain depuis quelque temps », répond notre interlocuteur. Selon ce dernier, les répercussions sur les recettes des maraîchers sont aussi visibles : « Depi ki ena mwins marsan, nou pe ressi vann plis legim. » Rappelons que les marchands de rues illégaux ne se contentent plus de vendre vêtements et jouets, mais aussi des légumes, des fruits et, parfois même, des articles touristiques, ce qui représente de la concurrence pour les maraîchers.
La grève des maraîchers, prévue pour demain, serait mal tombée pour les politiciens en campagne, surtout que les élections sont annoncées pour le 10 décembre. Plusieurs politiciens, particulièrement ceux de l’alliance PTr/MMM, ont, lors des dernières 24 heures, tenté de dissuader les maraîchers à s’engager dans une grève de la faim…