Les maraîchers de la capitale envisagent un sit-in dans l’allée principale du marché central. Ils l’ont annoncé hier à un point de presse au Centre social Marie-Reine-de-la-Paix, à Port-Louis, déplorant l’absence de mesures des autorités pour faire respecter l’ordre d’interdiction de la Cour suprême contre les marchands ambulants opérant dans un rayon de 500 mètres du marché central. Ils invitent par ailleurs les maraîchers à ne signer aucun nouveau contrat, certaines conditions du Draft Occupation Contract posant problème selon eux.
Malgré l’ordre d’interdiction de la Cour suprême selon lequel aucun marchand ambulant n’a le droit d’opérer dans un rayon de 500 mètres autour du marché central, la présence accrue de marchands ambulants dans ce périmètre ne cesse d’agacer les maraîchers. Ainsi, regroupés sous la Market Traders’Association (MTA), ils ont déploré le « laxisme des autorités » face à cette situation, pointant du doigt la municipalité de Port-Louis et le Commissaire de Police.
Prenant la parole, Krishnen Rengassamy, vice-président de la MTA, a souligné que le respect de la loi est sous la tutelle du Commissaire de Police (CP). « Se li ki bizin met an pratik zizman lakour », affirme-t-il. D’ailleurs, face à l’absence de mesures concrètes de la part de la force policière pour faire respecter l’interdiction émise par le juge David Chan en 2011, M. Rengassamy a déclaré que la MTA envisage de poursuivre le CP en justice.
Pour la MTA, « la présence de marchands ambulants autour du marché ne fait qu’affecter l’image du marché central et de Port-Louis aux yeux des touristes ». D’autre part, son président Issop Soobedur évoque le contrat de la municipalité de Port-Louis concernant des occupants du marché. Si le Draft Occupation Contract émis le 4 avril dernier stipule « in case the stall occupier passes away before the expiry date of the contract, any of his child/children or his/her surviving spouse named (…) shall continue to occupy the stall for the remaining period of the said contract », ce sont les trois premières conditions imposées qui posent problème, dit-il, car les successeurs « shall be resident of the council ».
Prenant la parole, le secrétaire de la MTA, Poullay Renghen, parle de l’élément « anticonstitutionnel » de cette décision que la MTA qualifie d’unilatérale. « Kot vision gouvernan “Putting people first” ladan ? », s’interroge-t-il. La MTA lance donc un appel aux maraîchers afin de ne pas signer de nouveau contrat émis par la municipalité car cette entente est un moyen pour que les détenteurs d’un étal dans le marché central soient désavantagés par rapport à certains activistes, avancent ses membres.
Par ailleurs, la rencontre avec la presse a également permis de souligner les autres problèmes auxquels font face les membres de la MTA : non-respect de la loi à l’intérieur du marché, circulation des deux-roues dans le marché, l’augmentation des vols, la vente de viande et d’autres aliments au détail autour du marché, entre autres.
Bien qu’aucune date n’ait été arrêtée pour leur sit-in, les membres de la MTA espèrent alerter l’opinion publique et les autorités sur les problèmes qui perdurent au marché central. Un appel a été lancé au premier ministre Navin Ramgoolam en ce sens.
La MTA, qui dit avoir des propositions pour l’amélioration de l’image du marché central en tant qu’attraction touristique, réclame une table ronde avec le ministre du Tourisme et la municipalité de Port-Louis. Parmi : la rue Farqhuar en tant qu’aire de stationnement pour les navettes touristiques aussi bien que l’installation d’une Complaint Box au marché central.