La colère gronde de plus belle dans la région sud-ouest de Maurice. Après une première manifestation réclamant la réouverture de la route de Macondé, il y a dix jours, la manifestation d’hier a rassemblé un grand nombre d’habitants de Bel-Ombre, St Martin, Baie du Cap, Choisy, Chemin Grenier, Rivière des Galets, Surinam et Le Morne dans une marche pacifique. Soutenus par les trois députés de la circonscription, Josique Radegonde, Maya Hanoomanjee et Alan Ganoo, les manifestants ont voulu, à travers cette marche, faire entendre leur voix et revendiquer la route qui leur appartient. « Rann nou nou sime », scandaient les habitants, munis de pancartes.  
Las d’attendre une solution, les habitants disent en avoir plus qu’assez des promesses des ministres. « Zordi fer 24 zour depi ki ros-la inn tonbe! Nanye pa finn fer! Yer (vendredi, ndlr) minis finn fer deklarasion ki ban travo pou fer. A nou konesans, pou fer enn travay koumsa bizin enn tender. Pa fin mem fer cotation pou avoy La Réunion! E sot pe dir ki travay inn largué? Enn misye inn zis vinn mezir ros, sa mem tou travay kinn fer! », s’écrie un habitant de Macondé. Pour Karl Lamarque, conseiller du village, « c’est un cas qu’il aurait fallu traiter en urgence. De plus, il faut plus de communication et garder les habitants au courant de ce qui se passe. » Les arguments affluent de toutes parts, « Ki pe fer? Komye pe koute? Ki pe gayn tender? Komie letan pou pran? Kan pou komanse? kan pou fini? Nanye zot pa pe dir nou! Enn ros inn tombé, personn pa an tor, me dir nou o mwin ki pe passé! »
Pour l’heure, les habitants proposent l’ouverture d’une voie sur la route de Macondé afin de faciliter les déplacements. Ils se plaignent des difficultés auxquelles ils ont à faire face depuis qu’ils sont obligés d’emprunter la route alternative. En outre, les heures perdues à cause de ce détour. « Cela nous prend 30 à 45 minutes en plus à chaque trajet. Nos enfants tombent malades à cause des contours, certaines personnes perdent leur emploi et d’autres n’ont pas d’autre choix que d’abandonner leur travail pour pouvoir conduire leurs enfants à l’école et les récupérer l’après-midi », déplorent-ils vivement.
Frustrés, les manifestants décrivent un véritable calvaire quotidien depuis la fermeture de la route Macondé. Obligés d’emprunter alternativement la route de Chamarel, les habitants craignent pour leur sécurité: « Ena ban branche ki tomb lor simé et kan lapli tombé, later gréné. En plis, li moin en sékirité ki Macondé: péna lalimier, ena zis laforé. Si nou gagn enn panne, ki nou fer? », s’interroge une habitante. Un habitué de la route d’ajouter: « Tous les jours, on frôle des accidents! La route est étroite et sinueuse, et avec les contours les automobilistes ne voient pas toujours les véhicules qui viennent dans l’autre sens. » Ils réclament ainsi l’ouverture à la circulation d’une des deux voies de la route Macondé. Le danger potentiel de la route de Chamarel est aussi déploré par les chauffeurs de taxi qui ont participé à la manifestation d’hier. « Nou stressé, simé pena markings. Pena okenn lécléraz ek ena 82 contours dépi Baie du Cap pou al Case Noyale. Nou pe perdi 45 à 60 minit et frais l’essence pé augmenté, me nou pa kapav pran nou courses pli cher, nou pe perdi kas! »
« On fait cette marche pacifique pour réclamer nos droits, rouvrir la route, pour que tout redevienne comme avant. Rendez-nous notre route! Il y a trop de temps perdu », scande Josique Radegonde dans le mégaphone. Pour la députée, qui menait la marche pacifique, un délai de 8 jours sera accordé aux autorités pour terminer les travaux d’agrandissement. « Si dans 8 jours, les travaux ne sont pas terminés, nous enverrons une lettre au Premier ministre. Et si toujours rien n’est fait, la prochaine étape sera que nous bloquerons la route », lance-t-elle avec l’approbation des manifestants: « Si ena pou blok larout, nou pou bloké! » Pour sa part le leader adjoint du MMM, Alan Ganoo, qui a rejoint les manifestants à Macondé a expliqué  à Week-End que sa présence était une forme de solidarité avec les manifestants. Quant à Maya Hanoomanjee, qui a accompagné les habitants tout le long du parcours, elle a promis d’en parler au ministre de tutelle.