C’est la gronde du côté des maraîchers du marché de Port-Louis. Suite à une motion qui a été votée au conseil municipal jeudi dernier pour stopper les actions menées par la municipalité au sujet de la problématique des marchands de rue, les maraîchers signifient leur intention de leur côté de ne pas payer le loyer pour les étals à la municipalité.
« Trop c’est trop », affirme Issoop Soobedur, président de la Market Traders Association qui regroupe les maraîchers du marché central, face à l’anarchie des marchands de rue dans la capitale et surtout aux abords du marché.
Rappelons que lors d’une réunion du conseil jeudi dernier, le conseil a voté à l’unanimité, une motion visant à ce que la municipalité n’intervienne plus dans la saisie des marchandises des marchands ambulants. La motion a été proposée par l’adjoint au lord-maire Balraj Servansigh. Cette mesure avait été décidée à la suite, plus tôt le même jour, d’une opération de crack down menée par la Police et des officiers de la municipalité de Port-Louis en vue de destruction des étals et de confiscation des marchandises aux rues La Corderie et Desforges.
Joint au téléphone, l’adjoint au maire a expliqué la raison d’être de cette motion en faisant bien comprendre que le dossier des marchands ambulants ne figure plus sous la responsabilité de la municipalité de Port-Louis puisque le ministère des Administrations Régionales avait, dans une correspondance, fait savoir au conseil qu’il se chargeait du dossier. « Suite au jugement de la Cour, la municipalité a investi Rs 20 M dans deux sites, Decaen (NdlR : l’ancien site de la CWA à la gare Victoria) et la Place Immigration à la gare du Nord, mais en octobre 2013, le ministère des Administrations régionales a écrit une lettre pour dire qu’il take over le dossier. Que le ministère prenne maintenant ses responsabilités », soutient Balraj Servansigh.
Cette décision du conseil est loin de plaire aux maraîchers du marché central qui maintiennent que les marchands ambulants exercent une concurrence déloyale. Du coup, prévient Issoop Soobedur, « nous ne paierons pas le loyer à la municipalité à partir de ce mois ». Il estime qu’il est injuste que les maraîchers paient une redevance à la municipalité alors que tel n’est pas le cas pour les marchands ambulants. Il rappelle le jugement de la Cour suprême dans lequel les maraîchers ont obtenu gain de cause, mais qui n’est pas respecté. Le jugement a établi que depuis le 15 septembre 2012, les marchands ambulants n’ont pas le droit d’opérer dans un rayon de 500 mètres autour du marché central.
Déterminée, la Market Traders Association compte saisir la justice. Ses membres étudieront l’option, avec leurs conseils légaux, de jurer un affidavit en Cour suprême la semaine prochaine.