Intervenant samedi à la Place Margéot, Rose-Hill, Jack Bizlall, le porte parole de l’Observatoire de la démocratie et principal initiateur de la marche pacifique de la Platform kont lalwa travay anti-travayer, a exhorté les travailleurs du pays à descendre dans la rue, s’ils veulent faire entendre leur voix. Si les intervenants ont tous prêché l’unité parmi les travailleurs et les syndicats, ils sont nombreux à avoir tiré à boulets rouges contre le syndicaliste Radhakrishna Sadien.
« Manifeste se le sel zarm ki travayer ena pou fer tann so lavwa, pou fer pass so bann revandikasyon ! » a insisté Jack Bizlall, perché sur une camionnette à la Place Margéot, Rose-Hill, devant un millier de personnes rassemblées pour participer à la marche pacifique organisée par Platform kont lalwa travay anti-travayer contre l’Employment Rights Act (ERiA) et l’Employment Relations Act (EReA), les deux lois du travail qu’ils considèrent antisyndicales et anti-travailleurs
« Travayer marzinalize dan sa pei-la, enn pei ki appartenir a nou tous. Travayer pe bizin mandie pour en ogmantasyon de saler, pou bann kondisyon travay korek. Ena enn kassir dan nou sosyete, ant enn ti group ki ena tou ek ann mazorite ki pena narien. Manifeste pou ki kass sa kassir-la. Pou ki fer enn kassir o nivo represyon. Eski li difisil pou konpran rol manifeste ? Nou bizin rasanble nou pou manifeste, fer antann nou lavwa », a insisté Jack Bizlall.
Selon le porte-parole de l’Observatoire de la démocratie, il est important de pouvoir remettre en cause les fondements mêmes de notre société. Il a déploré cette incapacité de remettre en cause les fondements de la société chez Barack Obama et François Hollande, respectivement président américain et français, qui, pourtant, selon lui, veulent travailler pour les démunis. « Si ou oule sanzman, ou bizin kapav remet en kestyon sosyete kot ou pe viv », a-t-il martelé, en évoquant son projet de rédaction d’une deuxième république.
Ce thème de se regrouper pour manifester et revendiquer ses droits a été récurrent chez les intervenants. « Travayer pena lot swa ki regroup-li ek manifeste pou fer respekte so drwa », a insisté pour sa part le secrétaire de la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP), Reeaz Chuttoo. Comme de nombreux intervenants avant lui, il a critiqué le syndicaliste Radhakrishna Sadien, le président de la State Employees Federation (SEF), avant d’inviter les travailleurs à manifester le 7 octobre prochain à l’occasion de la célébration de la Journée du Travail décent. Il a lancé un appel à Ashok Subron et aux animateurs de Lalit pour se joindre à cette manifestation. « La goss pa kapav divise, la goss bizin ini », a-t-il insisté.
Auparavant, la présidente de la CTSP, Jane Ragoo, a longuement dénoncé les conditions de travail des femmes dans divers secteurs de l’économie mauricienne. Répondant à l’observation du ministre Shakeel Mohamed à l’effet que 80 % des travailleurs du secteur privé de sont pas syndiqués, elle a imputé la faute à la répression de la part des patrons et au travail sous contrat.
Jean-Rommelle Farla, syndicaliste rodriguais, a pour sa part dénoncé les conditions de vie des Rodriguais. « Ki fer Rodriguais bizin soufer ? Eski bann Mauricien ki viv dan Rodrigues bann citoyens de deziem grade ? » s’est-il demandé, avant de demander aux travailleurs de s’unir pour améliorer le sort de tous les citoyens indistinctement.
René Laffond, président de la Fédération des syndicats du secteur de la construction, a lui sévèrement critiqué le ministre Mohamed pour son refus d’approuver une augmentation de salaire de 15 % aux employés de ce secteur, comme décidé dans un accord collectif entre la Building and Civil Engineering Contractors Association (BACECA) et les syndicats affiliés à la CTSP. « Nou pou fer enn kampagne lafis dan so sirkonskripsyon », a-t-il menacé.
L’unité de la classe syndicale a aussi été au centre de l’intervention du syndicaliste Deepak Benydin. « Bizin inir ek mobilize pou ki Shakeel Mohamed amenn lamandman dan lalwa ki fasilit “Hire and Fire” ek fer li vinn en faver travayer », a-t-il déclaré. Il s’en est lui aussi pris au syndicaliste Radhakrishna Sadien.
Les manifestants ont par la suite mis plus de deux heures pour parcourir les 1 000 mètres qui séparent la Place Margéot du Plaza, scandant des slogans contre l’ERiA et l’EReA.