Chaque année, la communauté tamoule célèbre le Cavadee pour rendre hommage au Dieu Muruga. Une importante célébration dont la marche sur le feu en fait partie. Ce rituel ancestral qui consiste à marcher sur un tapis de braises ardentes et rougeoyantes, est un choix personnel qui permet d’expier ses mauvaises actions, de remercier la divinité des bienfaits accordés, d’exaucer ses voeux, de célébrer sa foi. Désireux de vulgariser et transmettre la culture tamoule dans le monde, le Swami Sri Payaniandy Govindarajen Gurukal MSK, a officié récemment les cérémonies de marche sur le feu à Milan en Italie.
«Beaucoup de Mauriciens appartenant à la communauté tamoule se sont installés dans d’autres pays. Parfois, ils n’ont pas la possibilité de se déplacer, par contrainte professionnelle. Souvent lorsque les enfants grandissent, ils perdent leur orientation culturelle. Pour que les valeurs de la culture tamoule se transmette de génération en génération, je me suis dit pourquoi ne pas me déplacer et aller effectuer ces cérémonies dans ces pays», nous dit le Swami Sri Payaniandy Govindarajen Gurukal, prêtre du Sri Vakrakaliammen Tirukovil Bassin, Quatre-Bornes.
Il y a quelques semaines, il organisait pour la première fois à Milan ces manifestations religieuses très populaires à Maurice. «J’ai été invité par les membres de la société tamoule et la communauté implantée à Milan. Depuis  2005, je suis allé en France, en Angleterre, et en Suisse.» Le principe du rituel est le même: 10 jours de jeûne et de recueillement dédiés à la déesse Mariammen, qui s’achèvent par une procession dans les rues. Forts de leur foi et de leurs dévotions, la marche sur le feu peut s’accomplir. Mais tout cela ne se fait pas sans difficultés quand on est dans un autre pays. «Toute une série de dispositifs sont mis en place avant d’effectuer la cérémonie. Les autorités sont mises au courant en avance», dit-il. Le prêtre exprime son expérience du rituel: «Si vous regardez avec vos yeux physiques, vous verrez la braise brûlante, mais avec les yeux de l’âme, c’est un tapis de pétales de roses qui s’ouvre devant vous». Le Swami attribue cette capacité de ne pas être brûlés à la foi religieuse. «Ce rituel nécessite véritablement le respect des règles élémentaires», dit-il. Car, sans préparation, un seul pas sur le lit de braises « enverrait les marcheurs à l’hôpital avec des brûlures graves ».
Après l’Italie, le Swami envisage de se rendre en novembre prochain au Canada pour officier les mêmes cérémonies. Le prêtre tamoul est aussi membre du board du Tamil Cultural Center et est aussi musicien.