Marco François restitue la langueur du temps rodriguais dans Facette. Il présente sa troisième exposition, du vendredi 28 septembre au 6 octobre, au Barkly Wharf du Caudan Waterfront.
Sonder ses souvenirs et remonter aux images joyeuses et enfantines. Marco François reprend intérieurement le chemin vers Anse Baleine, non loin de Saint Gabriel, et promène son pinceau dans tout Rodrigues. Des facettes du pays sont restituées avec des yeux d’enfant et avec une touchante candeur, exprimée dans le style naïf. Des scènes agraires et de pêche sous-tendent la trentaine de tableaux de l’exposition.
Marco François est sincère dans l’expression de ses souvenirs. Cet homme de 38 ans a pendant longtemps pratiqué le métier de berger et celui de pêcheur ou d’agriculteur. Ce sont ces activités que donne à voir l’exposition. Pas seulement les facettes de Rodrigues, mais également celles qui composent l’essence du peintre. Un enfant qui arrête l’école au primaire; un homme qui semble toujours travailler sur les mêmes dessins d’enfant, parés aujourd’hui d’un supplément d’âme. Des moments de vie.
Sincère.
Il rêvait de faire résonner les fûts de batterie, mais bat aujourd’hui la mesure de la vie rodriguaise qui fut la sienne. À douze ans à peine, le jeune Marco est dans les champs pour planter du maïs et des légumes. Il vit heureux à Rodrigues jusqu’au moment où les poissons se sont faits de plus en plus rares dans le lagon. Sa pirogue à voile sera finalement délaissée. Après maints allers-retours à Maurice, où il est tour à tour aide-maçon ou aide soudeur pour gagner sa vie.
C’est un jeune homme amoureux qui s’installe à Rivière Noire. Marco François est initié à la peinture par son épouse, Émilie Poupard, à 33 ans. Elle peignait et a invité son époux à en faire de même. Un canevas et une palette de couleurs ont suffi pour faire remonter les images enfouies dans la mémoire du fermier-pêcheur. Des scènes de vie rodriguaises d’un point de vue figuratif. Naïf mais sincère…