La Mare-Chicose Saga continue à hanter le ministère de l’Environnement. En effet, l’Independent Review Panel (IRP) a été saisi d’une affaire de « maldonnes potentielles » lors de l’allocation du contrat CPB/15/2019 à la compagnie Sotravic Ltée pour l’Operation and Maintenance and Transportation of Wastes to Mare Chicose Landfill de la Transfer Station de La Brasserie.

C’est la Compagnie régionale de Services et de l’Environnement Ltée (CRSE Ltee) qui conteste l’octroi de ce contrat alloué pour les déchets de La Brasserie d’une valeur de Rs 97 496 984.

Des recoupements d’informations effectués auprès de sources concordantes indiquent que le ministère de l’Environnement serait en situation « embarrassante » avec les dessous de cette Mare-Chicose Saga.

Le contrat avait été alloué le 5 septembre dernier à Sotravic Ltée « only if there is no challenge on the part of any other bidder within 7 days of the notification ». Respectant ce délai, le 11 septembre, CRSEE a formellement informé les autorités compétentes qu’elle allait « contester cette décision du CPB », et ce en s’appuyant sur des « maldonnes potentielles » qu’il y aurait eu lors de ce choix.

Sur la base de cette contestation, 24 septembre dernier, l’IRP a sommé le ministère de fournir tous les documents relatifs à ce contrat alloué pour la Transfer Station de La Brasserie. Lors de l’ouverture de la Tender Box pour ce contrat le 31 juillet dernier, il y avait un total de cinq soumissionnaires et, selon les informations officielles, Sotravic Ltée avait coté le prix le plus bas lors de l’exercice d’appel d’offres. Mais CRSE Ltée observe dans ses arguments de contestation que « the bid of Sotravic Ltée is anormally low ».

Elle affirme également que le CPB « n’aurait pas dû choisir Sotravic Ltée car ce contrat de plus de Rs 97 millions ne pouvait être alloué à l’opérateur actuel de Mare-Chicose ». Et d’ajouter : « Sotravic Ltd as the operator of the Mare Chicose Landfill is required to certify the weight of waste received by the trucks of the operators of different waste Transfer Stations. If Sotravic is permitted to bid, it would place itself in a serious situation of conflict… » La CRSE poursuit qu’en tant qu’opérateur de Mare Chicose, « it will be certifying and can therefore manipulate for monthly payments, the amount of waste incoming from any Transfer Station including those itself would be managing ».

Par ailleurs, la CRSE attire aussi l’attention de l’IRP sur le fait que Sotravic ait participé en tant qu’opérateur, préparant les « bidding documents » de l’appel d’offres. S’appuyant sur cette thèse, la compagnie contestatrice affirme que « Sotravic Ltée failed to disclose that it is the current operator of Mare Chicose Landfill and that the company is not registered as scavenging contractors ». Toutefois, à ce stade, au ministère de l’Environnement, on ne veut pas commenter cette affaire.

Le ministère d’Etienne Sinatambou n’avait « aucun représentant légal » lors de l’appel Pro Forma de ce litige vendredi dernier. De plus, les documents officiels réclamés par l’IRP devaient être déposés au plus tard lundi dernier. Toutefois, dans les milieux informés, on parle de « coup double » au niveau de l’IRP, qui devrait également s’aventurer sur l’autre contrat similaire concernant la station de transfert de La Laura et pour lequel Sotravic Ltée avait soumis une offre de Rs 100 220 000.

À l’Assemblée nationale, le 17 septembre, le ministre Sinatambou avait indiqué qu’il n’avait « aucune idée » sur la compagnie choisie, précisant que toutes les attributions de contrats résultent d’un appel d’offres public auquel tout le monde peut souscrire. Il répondait à une interpellation du député du Parti travailliste Ezra Jhuboo, disant détenir des informations sur l’allocation de contrat pour l’exploitation et l’entretien des stations de transfert, notamment à La Chaumière, La Brasserie et à La Laura.
Affaire à suivre…