Isabelle L’Olive au Mauricien : « Le PMO a accepté notre demande sans aucune condition et le mariage civil a été fixé au 2 mai »

L’ancien pilote d’Air Mauritius rentre au pays ce week-end pour les préparatifs de son mariage

Développement de taille dans l’affaire du pilote belge Patrick Hofman concernant sa demande de mariage civil. Le Prime Minister’s Office, qui avait rejeté sa demande en janvier, évoquant une tentative déguisée d’obtenir la nationalité mauricienne, donne finalement son aval pour l’union civile du couple. À l’issue d’une réunion hier à l’État civil, Isabelle L’Olive a déclaré que « le PMO a accepté notre demande sans aucune condition », ajoutant que « le mariage civil a été fixé au 2 mai ». Le pilote, qui n’est pas actuellement à Maurice, devrait rentrer ce week-end pour les préparatifs.

La réunion d’hier après-midi, concernant les objections du PMO pour donner le feu vert au couple afin que le pilote et sa compagne puissent se marier, s’est finalement conclue par l’autorisation du PMO quant à ce mariage. Le pilote Patrick Hofman n’étant pas au pays, c’est Isabelle L’Olive, accompagnée de son équipe légale, dirigée par Narghis Bundhun, Senior Counsel, qui était présente aux délibérations.

Revirement donc de situation, les conseillers légaux du PMO ayant informé la compagne de Patrick Hofman qu’il n’y avait plus d’objection à leur demande de mariage civil, et ce sans aucune condition. L’État civil a fixé le mariage pour le 2 mai.

Rappelons que dans une lettre en date du 8 janvier 2019, le PMO avait refusé d’accéder à la demande du pilote belge, percevant cette démarche comme une tentative d’obtenir la nationalité mauricienne à travers un mariage. Patrick Hofman pourra désormais rentrer au pays pour aller de l’avant avec ses projets de mariage civil. Il devrait rentrer au pays ce week-end pour compléter les formalités. Le Passport and Immigration Office a cependant, il y a quelques jours, et pour des raisons inconnues, tenté de livrer une lettre au pilote en main propre. Isabelle L’Olive et la fille du pilote, qui étaient présentes à ce moment, n’ont pas été autorisées à réceptionner le courrier qui, leur a-t-on fait comprendre, était uniquement destiné à Patrick Hofman. Ce dernier contractant un mariage civil avec une Mauricienne, il devrait donc également pouvoir obtenir le permis de résidence par la suite.
Le PMO avait enlevé le 7 octobre 2017 le Permanent Residence Permit qui avait été émis officiellement au pilote le 28 avril 2016 pour une période de 10 ans en vertu de l’article 5 A de l’Immigration Act. Depuis 2003, le principal intéressé avait un contrat en tant que Flight Captain avec Air Mauritius. En octobre 2017, il n’avait pu prendre le vol à destination de Perth pour des raisons de santé. Dès lors, il s’était retrouvé sous la menace d’une expulsion immédiate du territoire mauricien.

Cette affaire avait provoqué une véritable vague de soutien et de solidarité, tant à l’étranger qu’au niveau des employés de la compagnie aérienne. Une vingtaine de pilotes étaient même descendus dans la capitale pour exprimer leur soutien à Patrick Hofman. Le pilote et président de l’Airline Employees Association avaient obtenu une injonction intérimaire en sa faveur. Cette association ainsi que la Mauritius Air Line Pilots Association dénonçaient ce licenciement, le qualifiant « d’acte délibéré d’intimidation », critiquant par la même occasion la « campagne de désinformation » que mènerait la direction.

SICK LEAVE EN OCTOBRE 2017
Des pilotes convoqués « under warning » au CCID
Depuis quelques jours, le CCID a lancé des convocations “under warning” à certains pilotes faisant partie du groupe de 11 pilotes ne s’étant pas présenté au travail pour cause de maladie le 6 octobre 2017. Presque un an et demi après les faits, et malgré le fait que la police n’ait rien à voir avec l’enquête interne menée par Air Mauritius, elle a toutefois décidé d’initier une enquête pour déterminer les causes de cette absence et établir s’il y avait eu un complot car, selon la compagnie aérienne, leur absence avait provoqué une véritable pagaille à l’aéroport en raison de nombreuses annulations de vols.

Le conseil d’administration de la compagnie nationale d’aviation avait alors parlé d’une « action préméditée » alors que Patrick Hofman ainsi que plusieurs de ses collègues avaient déjà un certificat médical depuis des jours attestant qu’ils ne sont pas « fit to fly ». Air Mauritius avait par la suite résilié les contrats de trois pilotes avant de réintégrer deux d’entre eux, en l’occurrence Bain Ulyate et Frédéric Gébert. MK avait déjà lancé une enquête interne et cette affaire, considérée comme classée. Trois de ses pilotes qui ont été convoqués ne se sont toujours pas rendus au CCID pour l’heure, mais cette enquête, qui resurgit alors que personne n’a jamais été inquiété jusqu’à présent, soulève des interrogations et est perçue comme une tentative d’intimider les pilotes.