La ville de Quatre-Bornes est témoin d’une situation inédite dans son histoire, ou plutôt sa petite histoire, politique. À l’heure du dépôt des candidatures mercredi, deux personnes portant le même patronyme se sont présentées pour briguer les suffrages aux prochaines municipales. Au pays des dynasties politiques, rien de bien original à cela, dirait-on. Excepté qu’il s’agit d’un frère et d’une soeur, le premier candidat aux prochaines élections municipales sous la bannière du Ptr/PMSD et la seconde sous celle du Remake 2000 – MMM/MSM. Qui plus est, Christian Malherbe et sa soeur Marie-Claire Malherbe brigueront les suffrages dans le même arrondissement, le N° 3.
S’ils viennent de la même famille de sang, leurs familles politiques, elles, diffèrent. Cette divergence idéologique chez les Malherbe en est à sa deuxième génération car si c’est initialement à Gaston, le père, que Sir Seewoosagur Ramgoolam proposa de se joindre au Parti travailliste, c’est son frère Clarel qui honorera finalement cette offre, devenant par la suite ministre sous le gouvernement de SSR. Marie-Claire Malherbe confie : « Mon père, sans jamais avoir été engagé politiquement, était un fervent partisan du MMM ; il avait refusé par conviction. » Aujourd’hui la même conviction habite sa fille. Marie-Claire Malherbe, épouse Finiss, a été enseignante de langues dans le secondaire privé pendant une vingtaine d’années. Cette veuve et mère de trois enfants opte par la suite pour une orientation culturelle de sa carrière en prenant le poste de secrétaire de production chez Opera Mauritius, dont le volet social, le Music Education Programme, l’amène à travailler au développement intégral de l’enfant dans des poches de pauvreté. Du social à la politique il n’y a qu’un pas, qu’elle franchit en 2007 en intégrant le Régional mauve de la circonscription N° 18. Elle y est introduite par nul autre que son frère Christian qui a rejoint le MMM la même année.