Photo d'archive : Les parents de Marie Cléanne, Ian et Marie-Hélène Papillon, en Inde

Marie-Cléa, l’une des petites siamoises du couple Marie-Hélène et Ian Papillon, qui n’a pas survécu à l’intervention chirurgicale de lundi dernier visant à la séparer de sa sœur, sera inhumée ce mardi. C’est le coeur lourd que son père, Ian Papillon, qui se trouve toujours à Bangalore, nous a expliqué que la dépouille du bébé arrivera à Maurice au courant de la matinée du 26 mars. Marie-Hélène Papillon rentrera en même temps que son bébé, lequel sera inhumé dans l’après-midi au cimetière de Petit Bel-Air, Mahébourg. Auparavant, une cérémonie religieuse se tiendra en l’église catholique de Vieux-Grand-Port. « Cléa vivra à jamais grâce à sa sœur, car elle partageait son cœur et respirait aussi grâce à Cléanne », confiait Ian Papillon à Week-End vendredi soir.

Revenant sur les épreuves qu’il a eu à affronter depuis la naissance de ses filles, aux côtés de son épouse, le père des petites siamoises concède que la décision d’une opération n’a pas été facile. « Devrais-je sauver l’une et perdre l’autre, ou garder les deux avec des risques que cela comprend ? Au final, j’ai pris mes deux bébés dans les bras et je me suis résolu à partir en Inde pour ne revenir qu’avec une. Et ce, malgré les critiques les plus virulentes.

Certains m’ont reproché de sacrifier un enfant. Mais personne n’était à ma place. Nous savions très bien que Cléa n’aurait pas survécu à l’opération, puisque nous nous étions préparés psychologiquement. Marie-Hélène et moi-même, nous nous sommes soutenus pour faire face à cette situation », dit Ian Papillon. Après presque dix heures en salle d’opération, Marie-Cléanne n’est pas restée sous l’effet de l’anesthésie pendant plus longtemps que prévu.

Même si elle est encore sous perfusion, le bébé se remet très vite. D’ailleurs, selon son père, elle étonnerait plus d’un au centre hospitalier Narayana par ses signes de rétablissement. « Elle avait ouvert les yeux quelques heures après l’opération et nous regardait quand on disait son nom », raconte encore Ian Papillon. « J’étais un peu triste quand je l’ai vue… C’était comme si elle sentait que sa sœur n’était plus là. Mais c’est elle qui nous a redonné du courage. Elle est forte, gaillarde. Quand on touche ses petits pieds, elle réagit », dit Ian Papillon avec une légitime fierté.

Presque une semaine après la séparation de leurs bébés, les Papillon n’ont pas pu prendre leur fille dans leurs bras. Mardi matin, Marie-Hélène Papillon laissera Marie-Cléanne et son époux à Bangalore avant de prendre l’avion pour Maurice. Le père restera encore quelques semaines en Inde, le temps que sa petite héroïne puisse faire le voyage pour retrouver sa famille. Et si tout va bien, elle ne devrait pas retourner en Inde de sitôt.