Linion Fam, un regroupement de citoyens engagés dans le combat contre la violence domestique, monte au créneau en organisant une marche pacifique le samedi 26 octobre, de midi à 13h.

Le rassemblement “Stop violans konzigal pa atann mor” se tiendra devant le jardin de la Compagnie. Trois femmes, Catherine Prosper, fondatrice et porte-parole de Linion Fam, Ambal Jeanne, SOS Fam et Marie-Noëlle Elissac-Foy, dénonce ce qu’elles qualifient de « féminicide ».

Pour Marie-Noëlle Elissac-Foy, les politiciens devraient arrêter de faire de la surenchère sur la pension de vieillesse et songer à mettre en place un plan d’urgence pour lutter contre la féminicide. Car depuis septembre dernier, cinq femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint. Et le dernier cas remonte à quelques jours lorsque Sorenza René, frappée à mort, a été retrouvée dans un sac-poubelle.

Selon Marie-Noëlle Elissac-Foy qui se décrit avant tout comme une citoyenne, “taxpayer” et électrice, la parole d’une citoyenne a plus de valeur. « Et il est choquant de constater que la campagne électorale qui a démarré ne met pas l’accent sur la féminicide, alors que cinq femmes ont été tuées en moins de six semaines, et ce de façon barbare. »

Elle lance un appel aux politiciens pour qu’ils revoient leur programme de campagne électorale en mettant en place une unité spéciale au PMO pour que celui qui dirige le pays s’engage dans cette lutte contre le féminicide au lieu de faire « la surenchère indécente portant sur les votes des vieux en augmentant leur pension de vieillesse. »

Et d’ajouter : « L’électorat est constitué de 52% de femmes et il est extrêmement choquant qu’aucun politicien ne soit venu de l’avant avec un vote plus ciblé pour les femmes. »

Marie-Noëlle Elissac-Foy trouve aberrant qu’il n’existe qu’un seul abri pour femmes battues, SOS Femmes. Selon elle, il est temps qu’il y ait un abri pour ces femmes en détresse dans chaque circonscription.

«Tout cela fait partie du développement humain. Il est temps de mettre en place une unité spéciale pour s’occuper de la féminicide, d’autant plus que le poste de police n’est pas l’endroit le plus indiqué pour les femmes qui se sentent humiliées. Il faudrait aussi qu’il y ait une meilleure formation du policier pour la femme qui vient dénoncer son agresseur et qu’il y ait aussi un fonds d’aide pour les femmes qui souffrent d’abus de violence domestique. »

Elle lance un appel à ces femmes en détresse pour qu’elle demande à chaque politicien qui cherche des votes son programme contre la violence domestique.

Idée reprise par Catherine Prosper qui rappelle : «Une vie ôtée, c’est une vie perdue. Il y a eu 33 victimes de violence domestique cette année et ces dernières semaines, cinq cas de femmes battues à mort n’ont laissé personne insensible, ce qui nous a poussés à créer Linion Fam, un regroupement de citoyens pour lutter contre la barbarie de ces femmes victimes de violence domestique. Lalwa bizin kapav defann bane fam ki viktim zot bann konzwen. Et ce n’est pas non plus le rôle de la police d’agir comme conseiller-psychologue. Il faut arrêter de banaliser la vie des victimes et les faire retourner chaque fois dans le foyer de leur agresseur. Il faut pour cela une loi plus sévère genre : To bate, to ferme. Il faut envoyer un signal plus fort à l’agresseur en lui infligeant une sanction pénale. »

Ambal Jeanne de SOS Fam abonde dans le même sens. « Il faut venir en aide à ces femmes en danger. Un centre d’accueil pour ces femmes est une nécessité et il faudrait que le gouvernement ait un plan d’action rapide pour ces femmes qui aspirent à vivre dans le respect et la dignité. »

Les membres de Linion Fam invitent tous les Mauriciens à venir en masse au rassemblement du 26 octobre à partir de 11h30 au jardin de la Compagnie avec pour slogan : « Stop violans konzigal pa atann mor ».