Les membres élus de la Mauritius Society of Authors (MASA) ont tenu à apporter des clarifications concernant ce qu’ils qualifient de « constante déformation, manipulation et inexactitude » de la part de certains membres. Ils disent leur déception du comportement de ces derniers envers le personnel de la société. Ils dénoncent également des tentatives de « sabotage » à l’intérieur même de la MASA pour empêcher le progrès. Par ailleurs, la société a enclenché les procédures pour la tenue d’une assemblée générale extraordinaire, à la demande des membres.
« Le récent exercice de répartition a été retardé parce qu’au dernier moment, on s’est rendu compte qu’il y avait 1 100 entrées erronées dans le système de distribution », explique Jean-Claude Barbier, membre élu de la MASA. Il ajoute que lorsque le directeur s’en est rendu compte, il a dû demander au personnel de venir travailler pendant le week-end pour remettre les fichiers à jour. Mais le board ne compte pas passer l’éponge sur ce nouvel incident, qui ressemble selon eux, à du « sabotage. »
L’officier en charge a été ainsi invité à mener une enquête sur cette affaire. « Nous lui avons donné carte blanche pour mener une enquête afin de situer les responsabilités. » Les membres élus se demandent pourquoi il y a eu autant d’entrées erronées alors qu’un nouveau système, conforme aux normes internationales, vient d’être mis en place.
Jean-Claude Barbier précise que pour la première fois, grâce à la détermination du board, la répartition a été calculée à travers le Copyright Societies Information System (CoSIS). C’est donc ainsi que les artistes ont touché 35% supplémentaires de la somme distribuée comme « subside » pour pallier au faible taux d’oeuvres locales répertoriées.
Généralement, rappelle-t-il, la plus grande part de la somme collectée est destinée aux artistes internationaux. Sauf que depuis 2008, selon les membres élus, la MASA n’a pas procédé à des distributions internationales. « Nous avons des obligations envers les sociétés soeurs », dit-il.
Les membres élus dénoncent également certaines rumeurs, laissant croire qu’ils perçoivent Rs 12 000 par mois pour siéger sur le board. « Nous n’avons que Rs 1 500 mensuellement pour le board qui siège une fois par mois. Nous ne sommes pas là pour l’argent, mais pour faire avancer la société. »
Revenant sur les comptes de la MASA, les membres élus font ressortir que le système de travail du département des finances n’est pas aux normes. « On a dépensé Rs 300 000 pour implémenter un système intitulé pastel, mais on ne l’a jamais utilisé. »
C’est pour cela, disent-ils, que depuis leur arrivée, ils réclament un audit complet de la société. « Mais à chaque fois, le tender a été mal fait. Avec notre insistance, nous avons pu, finalement, engager une firme pour cet audit qui débutera bientôt. »
Sur ce même dossier, les membres élus déclarent qu’après enquête, il a été noté qu’une somme de Rs 3,5 millions a été utilisée des caisses de la MASA pour le projet Business Focus. Celui-ci comprenait la réalisation de CD et l’organisation de concerts, entre autres, par l’ancienne direction. « De cette somme, il n’y a eu qu’une recette de Rs 200 000. Sur 10 000 DVD réalisés, seuls 5 000 avaient eu l’approbation du board, et 771 seulement ont été vendus. »
À Rodrigues, où il existe une branche de la société, la situation est encore plus chaotique, selon Arno Calou, membre élu ayant fait partie d’une délégation dans l’île. « Les frais administratifs dépassent largement ce qui est pratiqué à Maurice, la MBC ne paye pas les droits, il y avait un mini board de trois personnes rémunérées par la MASA dont nous ignorions l’existence et les artistes ne connaissent pas du tout leurs droits. »
Par ailleurs, les membres élus font ressortir que les frais administratifs de la MASA ont largement dépassé les 30% préconisés par les lois internationales. « Nous en sommes à 50% et même un peu plus. C’est ainsi que les Rs 44 millions dont je parlais avant mon arrivée au board ont été absorbées dans les frais administratifs », dit Jean-Claude Barbier.
Richard Hein, autre membre élu, ajoute qu’une nouvelle grille des tarifs pour les utilisateurs a été élaborée. Celle-ci est actuellement au ministère des Arts et de la Culture pour être “gazetted”. « Nous voulons que ces tarifs aient force de loi, afin que les utilisateurs s’y conforment. »
Les membres élus soutiennent que depuis leur arrivée sur board de la MASA, ils ont permis à la société d’économiser Rs 2 millions sur les voyages. « Personne n’a voyagé, sauf un membre du personnel pour une formation en Suisse. »
Par ailleurs, les membres élus annoncent que le board a agréé à la demande des membres pour la tenue d’une assemblée générale extraordinaire. Selon les procédures, expliquent-ils, il faut un délai de 21 jours entre la décision du board et la tenue de l’assemblée, afin de se conformer aux lois. « Mais d’ores et déjà certains disent qu’il s’agit d’une delaying tactic. »