Une réunion de la plus haute importance se tiendra cet après-midi à la Mauritius Society of Authors à Beau-Bassin. Jean-Claude Barbier, membre du conseil d’administration et président du comité des finances, veut savoir comment les Rs 44 millions recueillies par la société entre 2005 et 2010 ont été utilisées. Si la situation n’est pas clarifiée aujourd’hui, le board pourrait ouvrir une enquête.
À une question parlementaire du député Jean-Claude Barbier en 2010, le ministre des Arts et de la Culture Mookhesswur Choonee avait répondu que la Mauritius Society of Authors (Masa) a collecté Rs 44 millions de  droits d’auteur pour les artistes locaux et internationaux entre 2005 et 2010. Or, depuis sa mise en place en octobre 2011, le nouveau conseil d’administration, dont Jean-Claude Barbier est l’un des membres, peine à comprendre comment cet argent a été utilisé.
Un comité des finances a même été mis en place pour essayer de faire la lumière sur cette affaire. Mais à ce jour, la situation est toujours floue. Interrogé par Le Mauricien, Jean-Claude Barbier a déclaré que la réunion de cet après-midi est considérée comme celle de la dernière chance. « On doit y voir plus clair dès aujourd’hui, autrement nous devrons prendre des mesures appropriées. »
Le board de la Masa cherche particulièrement à connaître le pourcentage des Rs 44 millions utilisées pour les frais administratifs. Selon nos renseignements, il est probable que ce pourcentage ait dépassé largement les 30 % applicables. « Nous voulons savoir combien d’argent a été réparti comme royalties. »
La question se pose aussi sur l’exactitude de la somme avancée au parlement. Selon une source, il ne s’agissait que d’une « projection pour l’année 2010 ». Jean-Claude Barbier révèle qu’une enquête interne a permis de mettre au jour « un manque total de principe de fonctionnement à la Masa ». Il cite à titre d’exemple le cas de personnes recrutées sans appel à candidatures ou encore d’increments accordés aux employés sans passer par le conseil d’administration.
Quatre personnes travaillent actuellement à la Masa avec un contrat mensuel. « L’évaluation des ressources humaines progresse… Peut-être que nous allons devoir prendre des décisions courageuses dans certains cas », dit Jean-Claude Barbier.
Notre interlocuteur regrette que la restructuration de la Masa s’annonce plus difficile que prévue. « Certaines personnes nous rendent la vie difficile. » Une assemblée générale de la Masa pourrait être appelée vers la fin de février afin de tenir les membres au courant de la situation. Le conseil réfléchit également à la possibilité d’une nouvelle répartition des royalties en mars, après celle de décembre.
Le directeur suppléant de la MASA a été par ailleurs longuement interrogé par l’Independent Commission Against Corruption hier concernant l’enquête initiée dans le sillage de l’affaire Sony Music.