La British Union for the Abolition of Vivisection (BUAV, association qui défend les droits des animaux) a cette semaine encore lancé une nouvelle offensive contre Noveprim Ltd et Maurice. Dans un communiqué de presse, relayé par les journaux anglais, dont The Mirror, l’association fait état de centaines de singes tués et empilés dans des poubelles, car ne correspondant pas aux normes des laboratoires européens. Images à l’appui, la BUAV soutient que ce massacre concerne des adultes mâles de même que des femelles pleines et des petits, provenant de Noveprim Ltd, ferme d’élevage de primates implantée à Maurice. Réagissant à cette campagne qu’elle estime de « dénigrement d’un groupe d’animal extremists », Noveprim, qui parle de la nécessité d’euthanasie, d’autopsie et d’incinération d’animaux malades ou à risque en cas de situation d’épidémie, dénonce de son côté « les interprétations fausses et abusives d’images qui circulent actuellement sur le net » et soutient que « la maltraitance des singes au sein de ses unités d’élevage n’est pas tolérée ».
Une fois de plus, la destination paradisiaque Ile Maurice est pointée du doigt, accusée de tolérer, selon la BUAV, le massacre des singes. Rappelant que Maurice est le 2e plus grand importateur de macaques à queue destinées à l’industrie de la recherche, avec 10 000 animaux importés par an, cette association indique qu’une enquête qu’elle mène depuis 2010 lui permet de présenter des preuves accablantes des pratiques cruelles et des souffrances infligées aux singes sauvages lors de la capture et de l’élevage pratiqués sur l’île.
Cette fois, elle accentue son offensive en présentant des singes, empilés dans des poubelles. Cela concernerait des singes mâles de plus de 4kg, considérés, selon la BUAV, comme étant trop lourds dans la mesure où les laboratoires étrangers exigent des primates pesant moins de 3,5kg, ainsi que des femelles pleines et des petits considérés comme excédentaires par rapport à la demande.
L’association demande au gouvernement mauricien de prendre des mesures immédiates pour mettre fin à ces meurtres, et demande au gouvernement britannique d’interdire l’importation de singes venant de l’île Maurice.
De son côté, Noveprim Ltd dénonce « une nouvelle campagne de dénigrement de la part d’un groupe d’animal extremists ». Dans un communiqué, la ferme soutient que « des extrémistes tentent à nouveau de manipuler l’opinion publique en interprétant des images de singes morts entreposés dans une salle, insinuant que ces singes auraient étés mutilés et euthanasiés pour des raisons futiles et cruelles ».
Les promoteurs de la ferme estime qu’il est nécessaire de remettre ce type d’images dans un contexte lié aux principes de gestion d’un centre d’élevage. Noveprim fait ressortir qu' »une des missions de la compagnie est de préserver la santé des animaux et celle de ses employés ». Ainsi, selon elle, dans une situation d’épidémie, et pour protéger la santé et le bien-être du plus grand nombre, une des mesures à prendre est l’euthanasie, l’autopsie et l’incinération d’animaux malades ou à risque. C’est la pratique acceptée internationalement, à l’image des mesures prises dans la gestion des épidémies telles que la vache folle, la peste porcine, la fièvre aphteuse, la grippe aviaire etc. Et de faire ressortir que Noveprim a fait face par le passé à des cas de tuberculose bovine et a dû malheureusement prendre les dispositions sanitaires nécessaires qui pourraient expliquer l’existence de telles images. La ferme précise de même que « la relâche de singes dans la nature est strictement interdite à Maurice » et Noveprim a adopté une stratégie d’ajustement de sa capacité de production en appliquant les mesures suivantes, soit l’arrêt de la capture de singes dès 2008 et la vente de ses parts dans deux de ses unités d’hébergement et d’élevage.