Des élèves du secondaire, accompagnés de leurs professeurs ou parents, ont eu l’occasion, pour la première fois pour la plupart, de découvrir le théâtre shakespearien en live lors d’une représentation de deux heures et demie hier au Mahatma Gandhi Institute (MGI), à Moka. Un honneur pour eux d’assister à une représentation de Hamlet, pièce connue pour être la plus longue et la plus célèbre de Shakespeare, par le Shakespeare Globe Theatre, qui vient d’ailleurs pour la première fois à Maurice après plus de 400 ans d’existence.  
Comme convenu avec les organisateurs, ils ont commencé à arriver au MGI sur le coup de 11 heures. Certains avaient déjà leur billet en main tandis que d’autres devaient le récupérer à la porte. L’émotion était palpable : ils allaient découvrir pour la première fois une pièce de théâtre de celui qui est connu pour être le plus grand des dramaturges, auteurs et poètes de tous les temps, qui plus est jouée en live.
C’est dans un décor relativement sobre, constitué d’un certain nombre de coffres et de quelques planches de bois, modulables en fonction des utilisations requises pour la pièce, un rideau et des instruments de musique que les comédiens du Globe Theatre se sont produits sur la scène du MGI à midi. Les costumes étaient également sobres et plutôt contemporains, avec quelques accoutrements à l’ancienne. Dans une rencontre avec la presse à l’issue de la représentation, le deuxième groupe de comédiens (voir encadré) qui allaient se produire en soirée de gala ont laissé entendre qu’il est relativement plus facile pour la troupe, qui est en tournée mondiale depuis bientôt deux ans, de voyager avec l’essentiel car ils pouvaient être appelés à se produire dans une salle de théâtre ou sur une aire de stationnement. Mais aussi, pour eux, bien que certains pouvaient s’attendre à une représentation grandiose en termes de costumes et de décor, la sobriété qu’ils se sont imposée relève le caractère universel qui transcende le temps des pièces shakespeariennes. Un aspect qui n’est pas passé inaperçu auprès des élèves. « C’était super-intéressant. Les costumes sont plus ou moins contemporains avec une touche qui nous ramène malgré tout dans un autre temps », souligne Jishika Mautadin, élève en Form V au collège d’Etat Gaëtan Raynal aux côtés de son amie d’école, Kareena Munohur, elle en Form IV. Toutes deux étudient The Merchant of Venice, du même auteur. Jishika Mautadin souhaite poursuivre des études littéraires jusqu’à l’université.
La musique marquant la fin d’un acte, les chansons interprétées par les comédiens, la maîtrise de la voix ou encore les bruitages pour créer l’atmosphère voulue à des moments précis de la pièce ont attiré l’attention des jeunes qui, lors d’une rencontre avec les comédiens, n’ont pas manqué de s’enquérir sur la formation pour arriver à un tel niveau de professionnalisme. « J’ai bien aimé la musique », affirme Kareena Munohur. Plus tôt, se confiant au Mauricien, Yeshwan Gungah, élève en Form IV au MGI abondait dans le même sens. Passionné de littérature, il ne connaît pas encore tout à fait l’oeuvre de Shakespeare mais souhaite poursuivre dans cette voie. « Plus tard, je pense que des ouvrages de Shakespeare seront au programme d’étude », affirme-t-il, honoré d’avoir eu l’occasion de voir jouer des comédiens du Globe Theatre, à plus forte raison que les billets ont été épuisés plus d’une semaine avant les représentations. Notre jeune interlocuteur souhaite par la suite entreprendre des études de droits pour devenir avocat.
Jayshini Pursooraman, élève en Upper VI au MGI, étudie deux textes de Shakespeare à l’école. « Hamlet ne figure pas au programme, mais je connais l’histoire. Les professeurs nous ont donné quelques indications sur la pièce également », souligne notre interlocutrice, en laissant entendre qu’assister à cette pièce permet de consolider sa connaissance de l’oeuvre du barde. Idem pour les jeunes du collège d’État Swami Sivananda, qui ont étudié Twelfth Night, Tempest et Romeo and Juliet quelques années plus tôt.  Pour celles qui sont en Lower VI et qui optent pour la littérature anglaise, elles ne savent pas encore quels textes seront au programme, mais elles apprécient la pièce. « C’est émouvant », lance Vidoushi Dawosing.
La plupart des élèves interrogés par Le Mauricien font ressortir qu’ils arrivent à suivre le déroulement de la pièce. Cependant, certains concèdent que « le langage shakespearien demande une certaine formation pour bien le comprendre ». Jayshini Pursooraman lance : « Shakespeare est assez difficile à comprendre pour quelqu’un qui ne l’a pas étudié. Il lui faudrait alors un peu plus de temps. »
Lors d’une rencontre avec la presse à l’issue de la représentation, les comédiens soulignent que les textes peuvent effectivement être difficiles à comprendre, surtout pour ceux dont la langue maternelle n’est pas l’anglais. D’où l’effort d’essayer de communiquer avec les émotions à travers les jeux de scène. Un pari réussi pour le premier groupe de comédiens, qui ont assuré une continuité du spectacle, même lorsqu’ils devaient changer de décor pour une nouvelle scène, changement qui s’est fait tout en finesse.