Le ministre des Finances et du Développement économique Vishnu Lutchmeenaraidoo a annoncé l’injection additionnelle de Rs 2 milliards à la MauBank, issue d’une fusion entre l’ex-Bramer Bank et la Mauritius Post and Cooperative Bank (MPCB), qui était en faillite, pour lui permettre d’opérer. Annonce faite ce matin lors de son intervention à la Custom House, à Mer-Rouge, dans le cadre de la Journée internationale des Douanes, en présence, entre autres, du ministre de l’Industrie, du Commerce et de la Protection des consommateurs, Ashit Kumar Gungah, et du directeur général de la Mauritius Revenue Authority (MRA), Sudhamo Lall.
Le ministre des Finances a d’emblée félicité le directeur général de la MRA pour la modernisation du service des douanes locales et s’est longuement  appesanti sur la détresse financière dans certains secteurs où le gouvernement a eu à intervenir promptement en y injectant de l’argent. « C’est une des rares fois où j’ai l’occasion de prendre la parole pour dire des choses agréables. J’ai passé la dernière année à jouer le rôle de pompier, à éteindre le feu. Le dernier feu que j’ai éteint, il y a à peine deux semaines, c’est la poste nationale. La Mauritius Post a fait faillite. Les postiers allaient se retrouver au chômage et j’ai dû immédiatement injecter Rs  510 millions pour permettre aux postiers de continuer à travailler. Il y a deux jours, une des firmes de leasing était au bord de la faillite. Elle a épuisé Rs 700 millions de roupies contractées auprès du Restructuring Working Group, ce qui implique une perte directe de Rs 700 millions pour le gouvernement », affirme le ministre Lutchmeenaraidoo.
Il note que, demain, le projet des Petites et moyennes entreprises, connu comme “Île Maurice, nation d’entrepreneurs”, sera officiellement lancé. Pour bénéficier de ce projet, ceux ayant des idées d’entreprises doivent se faire enregistrer auprès de Mybiz et seront ensuite redirigés auprès de la MauBank pour contracter un prêt. Parlant de la MauBank, le ministre des Finances rappelle qu’il s’agit « d’un produit de deux grandes faillites : la Bramer Bank et la MPCB ». C’est ainsi que le gouvernement, souligne-t-il, a eu à y injecter Rs 1,7 milliard. Et d’annoncer dans le même souffle un investissement additionnel de Rs 2 milliards pour lui permettre d’opérer. « Si, à Maurice, affirme-t-il, on parle de création d’emplois, on parle très peu de la préservation de l’emploi. »
Selon lui, « en sauvant ces deux banques, ce sont 750 emplois, donc 750 familles, qui ont été sauvées ». De plus, le gouvernement a alloué un budget de Rs 10 milliards, à raison de deux milliards par an, qui seront destinées aux projets d’entreprenariat. « Je ne connais aucun pays au monde qui prendrait ce genre de risque. L’état prend le risque. Cela veut dire que nous sommes en train de jouer gros. » C’est Maurice, dit-il, qui a adhéré au projet de société proposé par le gouvernement, « qui doit dès lors relever le défi ». Il fustige ceux qui « passent leur temps à tout critiquer ». Pour lui, relever le défi ne consiste pas « à devenir un blogueur qui s’assoit devant un ordinateur, qui critique tout et qui dit que rien ne va plus », avant de conclure : « On n’a pas besoin d’une nation de râleurs, mais d’une nation qui travaille. »