Le Wealth accounting and valuation of ecosystems (WAVES) mis en place par la Banque mondiale en avril dernier est introduit à Maurice dans le cadre du projet Maurice île Durable (MID). Des partenaires locaux se sont réunis hier matin à l’hôtel du gouvernement pour un premier atelier de travail en collaboration avec l’Agence Française de Développement (AFD). « Waves est un outil pour mesurer l’impact du développement sur les écosystèmes », indique Osman Mohamed, Executive Chairman du projet MID.
Après une dizaine de pays, dont la Colombie, les Philippines et l’Angleterre, Maurice introduit ce concept sous son programme MID. « WAVES consists in implementing ecosystem accounting and developing macro level indicators », fait ressortir M. Mohamed.
Les participants à l’atelier de travail de ce matin ont eu droit à une présentation sur le sujet par Valérie Reboud de l’AFD. Elle est à Maurice dans le cadre d’une mission qui consiste à identifier les besoins du pays et pour voir dans quelle mesure l’AFD peut aider dans la concrétisation de l’utilisation de WAVES. Ainsi, elle a pour mission d’identifier les outils qui existent déjà à Maurice et voir ce qu’il faut introduire de plus ; identifier les besoins pour renforcer les capacités et considérer les possibilités de partenariat ; présenter les outils disponibles notamment en termes de méthodologie à être adoptées pour calculer les valeurs et identifier les retombées et les implications de WAVES sur Maurice.
Lors de sa présentation, Valérie Reboud a expliqué les différents facteurs économiques à être pris en considération lors du calcul de la valeur de la biodiversité. Ceci comprend à la fois les ressources humaines, manufacturières et naturelles. Selon elle, « il s’agit d’un prix à être donné à ce qui n’en avait pas auparavant ».
De son côté, Henri Agathe de la Africa Adaptation Programme du PNUD (Programme de Développement des Nations Unies) a fait une présentation de la valeur économique qui peut être attribuée à la région ouest, de Flic-en-Flac au Morne, ceci en se fondant sur des données recueillies sous le projet Progeco (Programme de gestion des zones côtières) de la COI financé par l’Union européenne et en le complétant avec des données de la MMCS (Mauritius Marine Conservation Society). Une présentation qui a initié un débat fort intéressant sur la méthodologie utilisée.
Valérie Reboud est d’avis que la valeur attribuée à la biodiversité est un composant à prendre en considération dans le cadre du développement durable, ce qui aidera les politiques à prendre des décisions dans le sens de sa préservation.
M. Mohamed devait lors de son intervention rappeler que le Premier ministre, Navin Ramgoolam a, lors de son discours aux Nations unies pendant le week-end, soutenu que le MID est une réalité à Maurice et que cela se fait en toute démocratie. Il ajoute que le PM a affirmé qu’il faut maintenant que le message de ce qui se fait soit disséminé parmi la population. Dans ce contexte, une personne a été recrutée et il prendra bientôt ses fonctions au sein du comité MID.
Le Chairman du MID a indiqué que vingt-quatre ateliers de travail ont eu lieu déjà et que six rapports ont été finalisés et sont disponibles sur le site internet du projet. Il invite tout le monde à apporter ses commentaires et indique que les recommandations de ces ateliers de travail serviront de base à l’élaboration du Plan d’action du MID. Celui-ci sera prêt l’année prochaine et présenté officiellement en 2013, soutient-il.
Osman Mohamed annonce qu’à partir du mois de novembre, le comité MID aura des consultations avec la population. Pour concrétiser cette partie du projet, les quatre conseils de district et les cinq municipalités seront sollicités. Les informations concernant tout ce qui a été fait seront également disséminées à travers la télévision.