La Mauritius Chamber of Commerce and Industry (MCCI) estime qu’il y a un certain nombre d’entraves à éliminer pour améliorer les échanges entre Maurice et les Comores. Les opportunités de partenariat entre les hommes d’affaires des deux pays sont réelles, a déclaré Marday Venkatasamy, vice-président de la MCCI, lors d’un forum des affaires organisé conjointement, à l’hôtel Voilà Bagatelle, avec l’Union des Chambres de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture des Comores (UCCIA).
Parlant en présence du président comorien, Azali Assoumani, du Premier ministre mauricien, Pravind Jugnauth, des ministres des Affaires étrangères des Comores et de Maurice et de représentants des secteurs public et privé des deux pays, Marday Venkatasamy a fait état de la faiblesse des échanges commerciaux bilatéraux bien que le niveau ait augmenté d’environ 40% entre 2012 et 2016 pour atteindre près de 7 millions de dollars. Il a constaté que les exportations de Maurice vers les Comores ont été de l’ordre de 4 millions de dollars l’année dernière. Parmi les produits exportés: la farine de blé, les aliments pour animaux, le savon/détergent et le sucre raffiné. Les importations mauriciennes des Comores se sont élevées à environ 3 millions de dollars en 2016, le principal produit importé étant la vanille.
Les Comores, a souligné Marday Venkatasamy, ne représentaient en 2016 que 2% des exportations mauriciennes vers le bloc du Comesa et 1% de celles vers l’ensemble du continent africain. Pour le vice-président de la MCCI, cet état de situation s’explique par le nombre d’obstacles que les hommes d’affaires ont à surmonter pour développer les échanges. Il a cité, en exemple, la connectivité aérienne et maritime, signalant qu’il faut environ 24 heures pour faire le trajet Moroni-Maurice, incluant un transit à la Réunion ou à Madagascar. Le coût du billet d’avion est élevé, tournant autour de 1 500 euros alors que le prix pour un vol Maurice-Paris pourrait être de 1 000 euros.
Le vice-président de la MCCI s’est réjoui que la question de connectivité aérienne ait été prise en considération lors de la réunion de la Commission mixte permanente Maurice-Comores tenue cette semaine. Il a été annoncé qu’un vol direct entre les deux pays sera introduit d’ici six mois. Marday Venkatasamy a également appelé à la mise en application du traité de protection et de promotion des investissements conclu par les deux pays (confirmation à cet effet a été donnée par le Premier ministre, Pravind Jugnauth) et a souhaité qu’un accord de non-double imposition soit signé. À la MCCI, on est d’avis qu’il y a des opportunités de partenariat à exploiter dans divers secteurs notamment l’économie océanique, les services, entre autres.
Du côté du secteur privé comorien, on se félicite de la démarche d’ouverture économique prônée par les dirigeants du gouvernement, surtout du renforcement des relations avec Maurice qui, estime-t-on, a l’expérience et l’expertise nécessaires pour accompagner les Comores dans leur développement. Ahmed Ali Bazi, président de l’UCCIA, pense que l’agroalimentaire, l’infrastructure, l’énergie, l’économie bleue sont des secteurs où Maurice peut apporter son concours. « Nous voulons accroître les échanges avec Maurice et viser une plus grande complémentarité », a déclaré Ahmed Ali Bazi.  Ce dernier a souhaité que les liaisons aériennes directes entre les deux îles puissent démarrer comme convenu dans le délai annoncé de six mois.
Notons que Pravind Jugnauth a, lors de son allocution à l’ouverture du forum, soutenu que les gouvernements mauricien et comorien sont en train de mettre en place un cadre de facilitation des affaires et qu’il appartient aux opérateurs économiques de traduire dans la réalité cette vision commune du développement.