Des membres de la Mauritius Planters Association Cooperative Society se rendront en mai dans la Grande péninsule pour étudier le concept de natural farming utilisé par trois millions d’agriculteurs indiens pour produire des légumes et des fruits. « À Maurice, nous sommes en train de consommer du poison avec la grande quantité de fertilisants et autres produits chimiques qu’inondent nos plantations », déclare Jagdish Goburdhun, coordonnateur de la MPA.
« Toute notre alimentation est polluée de nos jours », estime le coordonnateur de la Mauritius Planters Association Cooperative Society (MPA). Jagdish Goburdhun, également ancien ministre de la Santé, invite les agriculteurs et les membres du gouvernement à faire le déplacement le mois prochain à Bangalore en Inde pour apprendre plus sur le projet de natural farming. Un concept pratiqué, selon lui, depuis une quinzaine d’années dans la Grande péninsule.
« Des agriculteurs indiens n’utilisent pas de produits chimiques alors qu’à Maurice nous importons par milliards de roupies ces produits qui tuent nos terres, nos plantes et nous… » affirme Jagdish Goburdhun. Le coordonnateur de la MPA rappelle que bon nombre de Mauriciens souffrent de diabète, de mauvais cholestérol et d’hypertension. « De plus, les cas de cancer ne cessent d’augmenter. »
Pour nous protéger contre toutes ces maladies, l’ancien ministre de la Santé conseille l’adoption d’une politique de natural farming dans le cadre du projet Maurice Île Durable (MID). « Il nous faut retourner à la nature. Il est impératif que nous introduisions cette pratique à Maurice, notre île étant petite », insiste Jagdish Goburdhun.
Le « Zero Budget Natural Farming » a été créé à l’initiative d’un scientifique indien, Subhash Palekar, qui a travaillé pendant longtemps avec des tribus dans les forêts de la Grande péninsule. Attiré par la philosophie des Vedas et des Upanishads qui sont des textes anciens de l’hindouisme, il s’est mis à la recherche de la vérité. En ce faisant, le scientifique a étudié l’oeuvre du Mahatma Gandhi qu’il avait trouvé très proche de la nature.
Dans ses plantations, Subhash Palekar continue toutefois à utiliser des produits chimiques qui lui donnent un bon rendement jusqu’en 1985. Le scientifique prend trois ans pour chercher la cause de la chute de sa production agricole. Il conclut que la science agricole est fondée sur une fausse philosophie et que « something is wrong with the Green Revolution ».
Le scientifique se lance alors dans l’agriculture naturelle en se rapprochant des tribus indiennes qu’il avait côtoyées autrefois. Depuis, le natural farming a révolutionné l’agriculture dans certaines parties de l’Inde.