Le Maurice Ile Durable Policy, Strategy and Action Plan a été approuvé hier par le gouvernement après plusieurs mois d’attente. Ce rapport a été finalisé par un groupe de consultants de Mott Macdonald (UK) Ltd en association avec Lux Consult (Mauritius) Ltd. Selon nos renseignements, le budget pour 2014 a été adopté, mais le montant n’a pas été révélé.
Le but du plan d’action du Maurice île Durable (MID) est de développer un programme MID et une stratégie pour la prochaine décennie ; d’élaborer un programme comprenant des actions et projets réalistes ; de revoir les institutions légales et institutionnelles ; de développer des indicateurs ; et de faire des recommandations pour la mise en oeuvre du plan. « Nous accueillons la décision gouvernementale avec beaucoup de soulagement », a déclaré au Mauricien Osman Mahomed, président exécutif de la Commission MID. Ce plan, a-t-il expliqué, a fait l’objet d’un travail considérable de la part de toutes les parties prenantes.
Osman Mahomed attribue le retard dans la publication du plan au fait que le choix du consultant a pris du temps, la commission voulant suivre les procédures d’appels d’offres scrupuleusement comme l’exigeait l’Agence française de développement. De plus, les consultants de Mott MacDonald ont reconnu avoir sous-estimé l’ampleur du travail à abattre. Finalement, le ministère des Finances, en présence du plan depuis le mois d’avril, a mis beaucoup de temps avant de donner son aval, tenant en compte les dotations budgétaire que cela implique.
Pour sa part, Khalil Elahee, président du Energy Efficiency Management Office (EEMO), s’est réjoui, lui aussi, de la décision gouvernementale après une longue attente. « Espérons que l’efficacité énergétique sera au coeur de tout problématique et qu’au-delà du budget prévu pour la mise en exécution du plan, l’élément de durabilité sera embed dans tous les projets qu’il soit énergétique, d’infrastructure routière, de ville nouvelle, de parc informatique ou récréatif », a-t-il dit.
« Tout repose sur un nouveau modèle de développement, de production et de consommation. C’est une question de changement de mindset tant au niveau des décideurs, consommateurs, usagers de la route, opérateurs économiques, etc », déclare le président du EEMO.
Khalil Elahee insiste aussi sur la formation qui va permettre un transfert de technologie et de savoir-faire. « N’oublions pas l’université de Maurice qui a besoin d’un sérieux coup de main pour faire avancer la recherche. Lors de la mise en oeuvre du MID Action Plan, l’essentiel n’est pas de chercher à tout prix des résultats concrets. On ne peut mesurer l’éducation, la santé, les activités sociales destinées aux plus démunis en termes de retour sur l’investissement. Il faut trouver des méthodologies qui s’adaptent à la dimension du MID », a soutenu Khalil Elahee.
Expliquant les étapes qui ont mené à l’élaboration du plan d’action, Osman Mahomed a avancé qu’un modèle de démocratie participative avait été adopté. Un modèle où les recommandations sont passées par un système bottom-up. 26 ateliers avaient été institués, calqués sur le modèle du Grenelle de l’environnement. 600 recommandations ont été formulées et ont constitué la base de la politique nationale et de la stratégie du plan MID qui ont été résumé à environ 130 actions.
Le processus suivi a été reconnu au niveau international dans plusieurs instances, a observé Osman Mahomed qui a eu l’occasion d’en parler à Bercy en 2012, à Rio +20 et plus récemment à Yokohama au Japon à la conférence de TICAD V lors d’une table ronde organisée par l’UNESCO. « J’ai eu l’occasion de présenter le processus avec un accent sur l’éducation au développement durable comme un modèle pour les pays africains », explique-t-il.
Les autorités n’ont toutefois pas attendu le plan d’action pour lancer plus de 200 projets.
Le président exécutif de la Commission MID a également évoqué sa présence au sein de la National Energy Commission qui travaille dans l’esprit du MID et, dont les activités sont parallèles à la MID Commission.
« J’ai été mandaté pour présider un sous-comité afin de recevoir tous ceux qui ont envie d’être entendus. C’est un comité séparé institué par la National Energy Commission (NEC) avec l’accord du cabinet. 44 personnes ont été entendues et le rapport est en passe d’être finalisé », conclut-il.