Le litige opposant un groupe de 55 étudiants étrangers, dont des Népalais et Indiens, à la direction du Dimensions International Education Group (DIEG) Ltd de Pamplemousses pourrait déboucher sur une expulsion de ces étudiants dans les jours à venir. La principale raison de cette décision relevant du Passport and Immigration Office (PIO) est que leur visa de séjour arriveront à terme au 1er septembre, soit dans moins de 48 heures. Du côté des autorités, l’on soutient que tout ressortissant étranger se trouvant sur le sol mauricien avec un visa étant arrivé à expiration tombe sous le coup du délit d’Illegal Stay et peut faire l’objet d’une expulsion du territoire dans les meilleurs délais.
De ce fait, craignant l’imminence de l’exécution d’un ordre d’expulsion, ces étudiants étrangers accompagnent leur bon samaritain, Mukesh Jhummun, âgé de 63 ans, habitant Bon-Accueil, qui a entamé depuis hier après-midi une grève de la faim dans les parages de l’ex-Top Shop de ce village de l’Est. Le but de cette démarche est de combattre l’indifférence affichée par les autorités par rapport à leur sort depuis plus d’un mois.
« Nous ne savons plus à quelle porte frapper pour que nous puissions nous faire entendre. Nous sommes des victimes d’un cas allégué de Swindling. Nous avons rapporté le cas à la police et nous n’avons aucune idée des développements intervenus. Nous avons fait de gros efforts pour venir étudier à Maurice en vue d’un meilleur avenir et nous constatons que nous avons été menés en bateau », soutient un porte-parole des grévistes. Ces deniers s’attendent à un sursaut de la part des autorités mauriciennes en vue de régler la situation des étudiants inscrits au Dimensions International Education Group, qui ne sont pas les seuls à se plaindre de cas d’escroquerie alléguée vu la situation se prévalant dans une autre institution tertiaire dans les Plaines-Wilhems.
Le calvaire de ces étudiants étrangers, en majorité des Népalais, a débuté dès leur arrivée à Maurice à la fin de juillet dernier. D’abord, les conditions d’hébergement ne sont pas les mêmes que celles proposées dans le prospectus disponible au Népal à l’annonce de ces cours et ils ont dû dépenser le double du montant prévu soit 150 euros par jour au lieu des 75 euros à cet item. Par ailleurs, le niveau des cours dispensés au Dimensions International Education Group (DIEG) sont considérés comme étant nullement à la hauteur.
Mais la plus grosse déception de ces étudiants se fera sentir quand ils apprendront que la possibilité de placement et de recrutement dans des établissements cinq-étoiles de Maurice n’était qu’un véritable attrape-nigaud. En s’inscrivant à ces cours suite à une annonce dans la presse népalaise, ils s’étaient retrouvés avec des promesses d’embauche pendant une période de six mois avec des salaires mensuels de Rs 70 000.
En contrepartie, ces Népalais ont dû défrayer d’importantes sommes d’argent pour venir suivre ces cours à Maurice. Les plus importants paiements, qui ont été versés aux intermédiaires par les étudiants, sont les suivants  : 500 euros par mois pour une période initiale de six mois, 500 euros pour le Visa Processing, frais d’admission et de collège, 2 430 euros pour les frais d’études et une somme de Rs 5 000 (monnaie népalaise). Ils affirment qu’ils ont dû avoir recours à des prêts au Népal pour honorer ces engagements.
Dans leur déposition à la police en début de mois, des représentants des étudiants avaient dénoncé les promoteurs de DIEG (Mauritius) Ltd d’escroquerie et deux des responsables, Shewata Sharma, âgée de 33 ans, et Brahmbhatt Manishkumar Kantilall, 39 ans, avaient été interpellés et inculpés provisoirement devant le tribunal de Pamplemousses.
Depuis le début du mois d’août, ce groupe d’étudiants vivent un véritable cauchemar. Jusqu’ici, ils ont bénéficié du soutien d’un Guruji en la personne de Mukesh Jhummun, qui leur a apporté régulièrement de quoi assouvir leur faim vu qu’ils se sont retrouvés littéralement sans le sou. Jusqu’ici, ils ont entretenu l’espoir d’une intervention des autorités en vue de résoudre leurs problèmes mais faute d’une représentation diplomatique du Népal à Maurice, ils ont été livrés à eux-mêmes.
C’est ce qui explique la décision de s’engager dans une grève de la faim quasiment à la veille de l’expiration de leurs titres de séjour à Maurice…