Le projet de liaison aérienne directe entre la Turquie et Maurice, évoqué la semaine dernière par le président de Turkish Airlines lors d’une rencontre avec la direction du Board of Investment dans le cadre de la visite d’une délégation dirigée à Istanbul par le ministre des Affaires étrangères Arvin Boolell, est suivi de près par le gouvernement turc. C’est ce qu’a laissé entendre le vice-Premier ministre de la Turquie Bekir Bozdag lors d’un entretien avec le chef de la diplomatie mauricienne.
Bekir Bozdag, indiquent les milieux officiels mauriciens, a soutenu lors de cette rencontre que l’établissement d’une liaison aérienne directe entre les deux pays va contribuer au développement des relations économiques plus précisément au niveau du monde des affaires. Il a annoncé qu’il suivra de près l’évolution des discussions sur ce dossier entre les parties concernées. Turkish Airlines, qui dessert actuellement un peu plus d’une trentaine de destinations africaines, envisage d’établir un vol direct sur Madagascar à partir de septembre 2013.
Les milieux touristiques turcs remarquent que le pays compte un nombre croissant de gens classés dans la catégorie supérieure de la classe moyenne qui disposent de revenus appréciables pouvant leur permettre d’entreprendre des voyages à l’étranger. Les touristes turcs se rendent régulièrement aux Maldives et en Indonésie. L’on estime que la compagnie aérienne peut se révéler d’un apport intéressant pour l’industrie touristique mauricienne.
Parmi les questions soulevées lors de cette rencontre avec son homologue turc Ahmet Davutoglu, figure la conclusion d’un accord d’exemption de visa entre les deux pays. Les parties concernées sont aussi d’avis que Maurice et la Turquie doivent oeuvrer pour la mise en place d’un accord de non-double imposition. On soutient par ailleurs que la Turquie pourrait être intéressée à ouvrir un ambassade ou un bureau commercial à Maurice dans le cadre de sa politique de renforcement de ses relations diplomatiques et commerciales avec le continent africain. Ce pays, qui a des représentations diplomatiques avec 31 pays africains, compte porter ce nombre à environ 40.
La visite d’Arvin Boolell à la résidence d’Ahmet Davutoglu a aussi permis au premier nommé d’affirmer le soutien de Maurice à la demande de la Turquie pour l’obtention d’un siège non-permanent au conseil de sécurité des Nations unies pour la période 2015-2016. En retour, la Turquie a promis son soutien à la revendication mauricienne concernant l’exercice de sa souveraineté sur les Chagos. En vue d’aider les petits états dans leur développement, le ministre des Affaires étrangères de la Turquie s’est dit par ailleurs prêt à organiser une réunion ministérielle des états insulaires de l’océan Indien en marge du sommet Turquie-Afrique prévu à Istanbul en octobre prochain.
Le raffermissement des relations économiques et la coopération bilatérale au plan social ont été également au centre des discussions entre le ministre mauricien des Affaires étrangères et le vice-Premier ministre turc. Arvin Boolell a réclamé l’aide des autorités turques au niveau de l’exploitation des ressources marines et du projet de Maurice île Durable. Tout en soulignant la stabilité et la sécurité du cadre légal de Maurice, Bekir Bozdag a annoncé qu’il apportera son appui à l’organisation du secteur privé turc, la TUSKON, pour qu’elle développe des relations d’affaires avec des entrepreneurs mauriciens.
Il est à noter que lors d’une session de travail entre la délégation mauricienne et des dirigeants et membres de la TUSKON, la Mauritius Chamber of Commerce and Industry (MCCI) a signé un protocole de coopération (Memorandum of Understanding) avec cette dernière. Ce protocole porte sur le soutien que les deux organisations peuvent apporter pour une intensification des échanges au niveau des hommes d’affaires et la transmission d’information pourtant contribuer à une meilleure appréciation de l’environnement des affaires dans chaque pays.
Arvin Boolell a aussi rencontré le ministre de la Culture et du Tourisme de la Turquie Omer Celik. Les discussions étaient axées sur les échanges culturels et touristiques. Les deux ministres ont souligné le besoin pour les deux pays de signer un accord bilatéral à ce sujet.