Le coup d’envoi des premières rencontres Maurice-Réunion du développement durable a été donné ce matin au centre Swami Vivekananda à Pailles par le ministre de l’Environnement Deva Virahsawmy. Des acteurs publics et privés des deux îles échangeront durant deux jours sur un bilan des enjeux en matière de développement durable et sur les opportunités de coopération.
Les premières rencontres Maurice-Réunion du développement durable s’articulent autour des axes suivants : 1) deux conférences introductives en matinée, l’une animée par Laurent Chabrut, rédacteur en chef de L’Éco austral avec pour intervenants Osman Mahomed, Chairman de la commission Maurice île Durable, et Sébastien Mariotti, chargé de mission « développement durable – Grenelle » à la Direction de l’environnement, de l’agriculture et de la forêt (DEAL), et l’autre animée par Alain Foulon, directeur de l’Éco austral, avec comme intervenants Jismy Souprayemnestry, directeur de l’Agence de développement de La Réunion et Kevin Ramkaloan, directeur New Business Development au Board of Investment (BOI) ; 2) huit ateliers thématiques ; et 3) une exposition ouverte au grand public ainsi qu’un rendez-vous B2B en vue de faciliter les échanges.
L’idée d’un tel événement découle d’une convention ratifiée entre le Club Export Réunion et la Chambre de Commerce et d’Industrie France-Maurice (CCIFM). Les intervenants présents à l’ouverture ce matin sont unanimes quant au fait que la thématique du développement durable est un vecteur de croissance pour les deux îles qui sont toutes deux vulnérables aux menaces cycloniques et climatiques, et qui souffrent de leur éloignement du reste du monde. « Notre géographie, nos réalités insulaires, notre contexte démographique, nos résultats économiques et nos paramètres sociaux nous imposent un devoir de lucidité supplémentaire, un devoir d’exemplarité dans la manière aussi d’appréhender l’ensemble de ces contraintes et de ces atouts », a déclaré ce matin Didier Robert, président de Région Réunion.
Ces rencontres permettent en effet de mobiliser les acteurs public et privé des deux pays en vue d’intensifier la coopération économique Maurice/Réunion, avec le déplacement d’une délégation de l’île soeur composée d’une centaine de chefs d’entreprises et d’acteurs du développement durable, mobilisée à travers le Club Export Réunion. Quant à la délégation mauricienne, elle comprend 150 participants. Il est question dans un premier temps, d’établir un premier bilan des processus MID (Maurice Île Durable) et Grenelle de l’environnement (La Réunion) pour mieux cerner les spécificités et complémentarités des démarches engagées par les deux îles. Les secteurs où la coopération paraît essentielle et stratégique (énergie, déchets, eau, tourisme, bâtiment et construction, aménagement du territoire, les clusters, la responsabilité sociétale, etc.) seront mis en exergue dans le cadre d’ateliers dédiés qui prennent fin demain après-midi. Les travaux de ces ateliers aboutiront à des recommandations, solutions, et perspectives de coopération à court et moyen termes.
Jean-François Dobelle, ambassadeur de France à Maurice, souhaite que ces rencontres débouchent sur la création de projets communs entre les deux îles. Ce sera une occasion, souligne-t-il, de valoriser le savoir-faire et les techniques des petits États insulaires et les voir s’exporter ailleurs. Pour le ministre de l’Environnement qui a inauguré les rencontres ce matin, Maurice et La Réunion sont vouées à un destin commun étant exposées aux mêmes aléas climatiques. Elles sont ainsi condamnées, selon Deva Virahsawmy, à dégager une politique commune en matière de développement durable. « Outre de resserrer les liens entre nos deux îles, ce genre de rencontres thématiques offre des perspectives intéressantes pour nos opérateurs économiques car le développement durable peut agir comme un catalyseur pour l’intégration régionale. Nous pouvons mettre en commun nos compétences et exploiter ensemble les opportunités d’affaires », estime-t-il. Et de proposer que ces deux îles tirent avantage de leur position géographique et agissent comme portes d’entrée pour l’Asie et l’Afrique en s’ouvrant aux investisseurs internationaux afin d’exploiter ensemble leur potentialité dans le domaine du développement durable.
Ces rencontres Maurice-Réunion seront appelés à se renouveler tous les ans afin de continuer de permettre aux acteurs public et privé du développement de se rencontrer afin de favoriser le partage d’expériences et l’émergence d’opportunités d’affaires.
Rappelons aussi qu’un accord bilatéral a été signé entre les deux gouvernements, lors de la visite l’année dernière du Premier ministre Navin Ramgoolam à l’île de la Réunion, portant sur un programme de coopération entre les deux îles dans le domaine du développement durable, ses processus et ses déclinaisons sectorielles.