Maurice et la Turquie envisagent de créer un conseil économique conjoint au niveau ministériel pour discuter de différents dossiers relevant de la coopération bilatérale. La question a été évoquée ce matin au siège du ministère des Affaires étrangères, à l’ouverture d’une session de travail entre des délégations turque et mauricienne, portant sur la conclusion d’un accord cadre de coopération économique et commerciale. La possibilité que les deux pays signent à l’avenir un accord de non double imposition ainsi qu’un accord de promotion et de protection des investissements a aussi été mentionnée.
L’importance de la création d’un conseil économique ministériel conjoint a été soulignée par le chef de la délégation turque, Hakan Karabalik, chef de département des affaires africaines au ministère de l’économie, dans son allocution d’ouverture. Il a soutenu qu’en sus du l’accord de libre échange (Free Trade Agreement), signé en septembre 2011, la conclusion d’un accord général sur la coopération économique et commerciale contribuera au renforcement des relations bilatérales dans ces domaines précis. « In the light of this agreement, I hope we would form the Joint Economic Council at a ministerial level which shall meet upon the request of either party, alternatively in Ankara and Port Louis », a déclaré Hakan Karabalik.
Le chef de la délégation turque a ajouté qu’il croit fermement que l’institution d’un conseil économique conjoint aidera au développement d’un cadre légal pour faire avancer les relations entre les deux pays. « And then, we can start the negotiations of Agreement on Promotion and Protection of Investments and Agreement on Avoidance of Double Taxation and Prevention of Fiscal Evasion », a-t-il fait comprendre.
Hakan Karabalik, qui est accompagné de Sertaç Güner, expert en matière de commerce international au ministère de l’Économie, a également fait ressortir que pour dynamiser la coopération économique et commerciale, il est impérieux d’encourager la création d’un Business Forum dans chacun des deux pays avec la participation des institutions concernées. Il a dans la foulée plaidé pour un échange régulier de délégations commerciales afin de pouvoir cerner les besoins des deux marchés et analyser les avantages comparatifs offerts. La promotion de la participation des entreprises dans des foires commerciales et touristiques et des missions d’investissement est aussi réclamée.
Bien que le Free Trade Agreement (FTA) Maurice-Turquie n’est pas encore officiellement en vigueur, les échanges commerciaux bilatéraux, a signalé le responsable de la délégation turque, ont progressé. Hakan Karabalik s’attend à ce que la valeur totale des échanges en 2011 s’élève à environ 50 millions de dollars contre US$ 29 millions en 2010. Les données disponibles pour la période janvier-octobre 2011 indiquent que les exportations de la Turquie ont augmenté de 117,4 % pour atteindre US$ 36,8 millions, alors que ses importations ont crû de 21,7 % pour se chiffrer à US$ 6,4 millions.
Ces chiffres, a déclaré Anand Neewoor, secrétaire aux Affaires étrangères, démontrent qu’il y a du travail à faire du côté mauricien pour surtout améliorer les exportations. Entouré des principaux négociateurs locaux, dont Assad Bhuglah, directeur du Trade Policy Unit, Mahmood Cheeroo, secrétaire général de la MCCI, et des représentants de diverses organisations, Anand Neewoor a émis le voeu que le FTA entre en application très vite au vu de l’intérêt démontré par la communauté des affaires mauricienne pour faire du commerce avec la Turquie. « We expect that the FTA will have a significant impact on the trade trends between the two countries upon its entry into force. It will create a legally secure, predictable and reliable environment that is conducive to attracting investments and which in turn will help create jobs and spark new industries », a-t-il estimé.
Anand Neewoor a cependant observé que les deux gouvernements ont convenu qu’il faut aller au delà de la dimension d’accès préférentiel aux marchés proposés sous le FTA en s’engageant dans une coopération élargie sur divers aspects de la coopération économique et commerciale. D’où l’idée de signer un accord cadre chapeautant la coopération dans les secteurs ou domaines tels l’investissement, l’agriculture, l’éducation, la science et la technologie, la promotion de partenariats, l’enlèvement des barrières commerciales et la diversification des activités économiques.
On est d’avis, du côté mauricien, que l’accord en question devrait aussi servir au développement d’une coopération triangulaire Turquie-Maurice-Afrique vu les possibilités d’investissement et d’approfondissement des échanges commerciaux offertes par nombre de pays africains.
Maurice et la Turquie espèrent compléter demain les négociations sur une ébauche d’un accord cadre de coopération économique et commerciale afin que le document officiel puisse être signé lors de la visite projetée du ministre de l’Économie de la Turquie, Zafer Caglayan, à Maurice, à la fin du mois prochain.