En sus des possibilités d’une intensification des échanges commerciaux bilatéraux que procure l’accord de libre-échange signé en 2011 par Maurice et la Turquie, les opportunités de partenariat entre hommes d’affaires des deux pays pour pénétrer les marchés régionaux sont réelles. Ce point a été souligné cette semaine lors d’une rencontre entre une délégation commerciale de la Turquie et des dirigeants de la Mauritius Chamber of Commerce and Industry (MCCI).
La visite de la mission dirigée par Ömer Hakan Beki, président du Joint Business Council (JBC) Turquie-Maurice, est la première à être accueillie par la MCCI depuis la signature en août 2014 du protocole de coopération (MoU) avec le Foreign Economic Relations Board of Turkey, aussi connu comme le DEIK. Ce partenariat entre les deux institutions du privé avait été formalisé dans le cadre de la foire commerciale internationale d’Izmir à laquelle Maurice avait été invitée en tant que « partner country ».
Dans les milieux de la MCCI, on se réjouit du déplacement de cette mission de prospection de neuf membres de la Turquie. Les relations d’affaires commencent à prendre forme, estime Faeeza Ibrahimsah, manager de la division de Communication et de Promotion de la MCCI. Hélène Echevin, vice-présidente de la MCCI, devait, dans son allocution d’ouverture de la rencontre entre les deux instances, plaider pour une collaboration étroite en vue de créer un environnement d’affaires propice pour les entrepreneurs des deux pays.
Les relations commerciales bilatérales, a-t-elle rappelé, ont pris une nouvelle dimension avec la signature de l’accord de libre-échange en 2011. Cet accord permet aux exportateurs mauriciens de bénéficier d’un accès préférentiel à un marché de quelque 80 millions d’habitants, la Turquie s’affirmant comme une des économies en croissance rapide en Europe et dans le monde. « Turkey is poised to become a privileged partner for Mauritius with the FTA », a déclaré Hélène Echevin. Cette dernière a indiqué que sous l’accord de libre-échange, les produits manufacturés à Maurice bénéficient d’un accès hors taxe en Turquie à l’exception, cependant, de 70 produits textiles sur lesquels les droits de douane seront abolis graduellement sur une période de quatre ans.
Pour ce qui est des produits agricoles, un accès préférentiel est accordé pour certaines des exportations principales du pays. Cette semaine, la délégation turque a montré son intérêt pour l’importation de sucre mauricien. S’agissant des importations par Maurice de la Turquie, il est prévu que les droits de douane seront éliminés graduellement à l’exception de quelques produits sensibles. La mission commerciale du DEIK estime qu’il y a des perspectives intéressantes pour l’exportation vers Maurice de produits alimentaires, textiles, de carreaux en céramique, entre autres.
Et la MCCI et la délégation turque ont soutenu lors de cette réunion de travail que Maurice peut servir de porte d’entrée sur l’Afrique pour les hommes d’affaires turcs. Maurice, a fait ressortir Hélène Echevin, peut faciliter des échanges commerciaux préférentiels avec les pays membres de la SADC et du COMESA. Du côté des Turcs, le bloc de la SADC, en particulier l’Afrique du Sud, est ciblé. Parlant des réseaux de contacts établis par la MCCI, le Board of Investment et Enterprise Market, la vice-présidente de la MCCI a fait savoir que les « Turkish companies can benefit from this network to expand their business in the African continent. »
Outre la réunion avec la MCCI, la délégation menée par Ömer Hakan Beki avait prévu durant son séjour chez nous de rencontrer la Freeport Operators Association, le BoI, Enterprise Mauritius, l’Association of Mauritian Manufacturers et la MEXA.