La médaille d’or remportée aux Jeux d’Afrique de Maputo en septembre dernier par la paire Natacha Rigobert-Élodie Li Yuk Lo a mis le beach volley mauricien sur le toit africain. Désigné Équipe de l’Année 2011 par notre rédaction sportive, ce duo doré veut porter plus loin cette discipline. Il n’est qu’à une étape de son rêve : une qualification aux JO de Londres 2012.
L’éloignement de leurs lieux de résidence (Natacha Rigobert à Cannes en France et Élodie Li Yuk Lo à Toronto au Canada) ne les a pas empêchées de s’unir — malgré les différents obstacles — pour entamer la quête du rêve commun depuis 2008. Elles participent durant la même année au World Tour de la FIVB en Norvège, perdant d’entrée.
Un dur apprentissage qui portera ses fruits au fil des compétitions. Elles s’alignent dans plusieurs tournois européens en 2009 malgré des contraintes financières. Elles ont fait appel à des soutiens financiers des autorités et compagnies mauriciennes. Sans suite. Mais elles persistent dans leur voie déjà tracée vers la gloire.
Leur marge de progression est palpable en 2010 avant qu’elles n’élèvent leur niveau de jeu cette année. Déjà vainqueur du tournoi de Namibie en janvier, le duo mauricien prend la deuxième place au tournoi du Mozambique en juillet dernier avant de revenir à Maputo cinq mois plus tard pour conquérir la médaille d’or aux Jeux d’Afrique en disposant des Sud-Africaines Palesa Sekhenyana et Randy Williams (2-0, 21-13, 21-12).
La consécration est grandiose. Mais le billet pour Londres 2012 n’est pas encore garanti. Une étape importante a été franchie avec cette deuxième place derrière la République démocratique du Congo (RDC) à la Coupe continentale au Nigeria au début de novembre dernier. Elles disputeront un dernier tournoi, soit la phase finale de la Coupe continentale prévue en juin en Afrique du Sud.
Natacha Rigobert, 31 ans, très contente de ce titre décerné par Le Mauricien, est revenue sur le parcours de 2011. « Avec le recul, je peux dire que ça a été une saison longue et fantastique ponctuée par beaucoup d’émotions, de travail et de péripéties. Nous sommes heureuses que nous avons pu remporter cette première édition de beach volley aux Jeux d’Afrique », nous a-t-elle confié.
Elle ne dort d’ailleurs pas sur ses lauriers. Elle a déjà repris l’entraînement et effectue en ce moment une préparation physique trois fois la semaine sous la tutelle de Joël Alibort. Sans Élodie qui, après un an et demi passé en France, a regagné Toronto pour des vacances bien méritées. Elle sera de retour en janvier.
Élodie Li Yuk Lo, 29 ans, née à Maurice mais ayant grandi au Canada, croit elle aussi au rêve londonien. Professeur d’éducation physique dans un établissement secondaire canadien, elle a mis sa profession en veilleuse pour se consacrer à 100% au beach volley.
« J’ai dû m’installer en France en 2010 afin de m’entraîner aux côtés de Natacha », souligne la beach volleyeuse qui avait défendu les couleurs de l’équipe mauricienne de volley des Vallijee Citizens en 2006 et 2007 et qui avait été du voyage à Tana avec l’équipe nationale aux 7es Jeux des îles de l’océan Indien en 2007.
Dès janvier 2012, elle retourne à Cannes rejoindre Rigobert pour entamer la préparation finale avant le dernier tour qualificatif olympique. Et c’est la complémentarité de leur jeu et leur volume physique qu’elles vont surtout devoir travailler.
« Nous devrons mettre les bouchées doubles car nous devrons évoluer un cran au-dessus en juin. Ça a d’ailleurs été un de nos gros problèmes lors de nos différentes sorties européennes face à des adversaires plus aguerris et mieux physiquement. Nous espérons aussi pouvoir effectuer des stages. Nous faisons ainsi un appel aux éventuels sponsors pour nous aider dans notre préparation finale », avance encore Élodie Li Yuk Lo.
Les deux médaillées d’or africaines sont du reste conscientes qu’elles seront l’une des équipes à battre en Afrique du Sud. « Après avoir vu à l’oeuvre pratiquement toutes les équipes africaines, nous serons probablement classées parmi les têtes de série à Durban. Nous aurons donc à bien nous affûter pour relever le défi », conclut Natacha Rigobert.