Passionné d’architecture, d’urbanisme, d’énergies renouvelables et d’identités culturelles, notre compatriote Zaheer Allam vient d’être nommé représentant africain de l’International Society of Biourbanism. Figurant l’an dernier parmi les Ten Outstanding Young Persons of the World (JCI), le jeune architecte de 27 ans a désormais pour mission d’établir des contacts avec des professionnels et théoriciens d’Afrique en matière de bio-urbanisme, une nouvelle approche qui consiste à être davantage sensible aux besoins et traditions du continent africain qu’une simple réplique des pratiques urbanistes venant de l’Occident.
Se prononçant sur les problèmes d’inondations à Maurice, Zaheer Allam se dit d’avis que « nous avons construit à l’aveuglette. La question est d’avoir une planification urbaine durable. Nous devons cerner les besoins de l’île pour les prochains 20-50 ans ». Il cherche dans ce contexte à rencontrer les ministres Dayal, Soodhun et Bodha. Ayant entrepris des études en architecture et Project Management, il détient aussi un diplôme en Leadership in Energy and Environmental Design (LEED). Ses travaux se focalisent sur le développement durable en Afrique et dans les Petits États insulaires en développement (PEID). Il a d’ailleurs représenté Maurice l’an dernier à la conférence des PEID aux îles Samoa, où il a mis en relief l’importance pour l’île Maurice et les autres PEID d’évoluer vers les énergies renouvelables.
Le bio-urbanisme tient compte des réactions de l’humain face à un espace organisationnel. Il s’agit d’étudier l’effet de l’environnement sur les êtres humains et d’assumer ses responsabilités en tant que concepteur de l’espace donné. Selon les définitions de Zaheer Allam, il s’agit de « regarder la ville à partir de différentes échelles et tendances et essayer de comprendre comment chacune d’elle est liée. Il n’y a pas une manière unidimensionnelle de penser quand on parle d’urbanisme ».
Rentré au pays vendredi dernier pour un séjour de quelques semaines, Zaheer Allam attribue le choix de sa personne par l’ISB à ses travaux dans le domaine de l’urbanisme. « J’ai commencé à faire entendre ma voix contre le charbon et le pétrole sur le plan local avec la Plateforme citoyenne avant de graduellement porter mon attention vers l’Afrique et les PEID. J’ai partagé mon point de vue selon lequel nous nous éloignons de ce qui est requis et mes écrits ont créé une symbiose entre les cultures, les gens, la société et la technologie ».
Interrogé quant aux facteurs indépendants du changement climatique et qui pourraient selon lui aggraver les inondations dans notre pays, Zaheer Allam est d’opinion que « nous devons vraiment réévaluer la direction que nous prenons et comprendre les besoins de l’île pour les prochains 20 à 50 ans. Nous avons construit à l’aveuglette, avec des structures çà et là. C’est là le problème majeur. À ma connaissance, il n’y a pas de planification à proprement parler pour les cinquante prochaines années en ce qu’il s’agit du concept urbain. Nous devrions initier des recherches en ce sens dès maintenant. C’est une urgence ».