Le premier vit à Montréal, l’autre à Paris. Ils sont tous deux Mauriciens, ont fait leurs études à l’étranger où ils ont décidé de s’installer depuis quelques années. Le Canadien en voie de naturalisation travaille dans la publicité, le Français, avec carte de séjour, dans celui de la finance. Ils occupent ces jours-ci une place de choix dans leurs domaines de compétences, ce qui leur vaut ce petit coup de chapeau.
Après ses études dans le domaine de la publicité en Afrique du Sud, plus précisément à Capetown, Dravin Ramsamy a travaillé, pendant de courtes périodes, dans plusieurs maisons de publicité à Maurice. Insatisfait de l’ambiance profesionnelle et artistique, il a décidé d’aller  tenter sa chance au Canada. Après avoir un peu galéré à Toronto, en faisant des piges et du part time, il a fini par s’installer à Montréal où il a trouvé du travail dans une agence. Une de ses affiches vient d’être publiée dans le magazine INFOPRESSE, “la référence des professionnels des communications et du design” du Québec.
Sous le titreLes personnalités de l’année, le magazine consacre un numéro spécial à ceux qui ont marqué le monde des médias et publie les principales affiches culturelles qui ont “le plus marqué le paysage urbain” du Québec cette année. C’est dans cette catégorie que se retrouve l’affiche de Dravin Ramsamy conçue pour le premier festival du film coréen au Canada. Le magazine la présente en ces termes : “Les ballons ,qui symbolisent la chance dans la culture asiatique, représentent aussi l’envie de s’évader grâce au cinéma. Entrecroisés et en interaction, ils illustrent aussi la nature multiculturelle de cet événement.”
L’autre Mauricien vit en France et travaille dans la haute finance. Cet univers très particulier et parfois impitoyable l’a inspiré pour situer son premier roman de fiction, Psycho Shark, que viennent de publier les éditions 7 écrit. Signé du pseudonyme évocateur de Roy Dubled, ce livre est ainsi présenté par son auteur :“Une somme de clichés poussés jusqu’au bout et amplifiés par mon imagination. Après plusieurs années à travailler dans le monde de la finance, je me suis rendu compte que combattre ces clichés était peine perdue. Alors pourquoi ne pas les prendre et créer un monde délirant ? Cela m’a paru plus logique que de tenter de rétablir la réalité par tous les moyens.”
Cette incursion dans le monde délirant de Roy Dubled, celui des requins de la haute finance, ressemble –  en pire –  à ce que l’on imagine. Un monde où les personnages ont pour noms Gordo Gekko ou sont surnommés le Master et le Slave et où les rapports humains reposent  sur la force, la domination et l’exploitation des  faiblesses des “collègues, subordonnés mais néanmoins amis.” Un univers que résume le titre du roman et qui explique sans doute le choix de l’auteur d’utiliser un pseudonyme. Bien écrit, avec ce qu’il faut d’autodérision et d’humour cynique, cette plongée dans le monde de la finance est un premier roman intéressant.