Track-rider chez l’entraîneur Ramapatee Gujadhur, Jameer Allyhosain a profité de la bonne forme de Van der Scaler pour ouvrir son compteur au Champ de Mars lors de la 16e journée. Cette première édition du Mauritian Jockey Series voit aussi Swapneel Rama prendre les commandes avec 14 points, soit un de peu plus que Vinay Naiko.
Van der Scaler était le sparring-partner des chevaux nettement mieux classés que lui en plusieurs occasions comme Ryder Cup, Awesome Power et autres Bulsara et avait toujours Allyhosain sur le dos. Le cavalier en était à sa deuxième monte cette saison, soit sa quatrième au Champ de Mars. Et il a réalisé un copy-book ride pour mener à bon port son coursier à sa troisième victoire mauricienne.
Cet apprenti jockey a fait ses premières armes au Domaine les Pailles en 2009 en tant que palefrenier. «Habitant à Port-Louis, j’étais un habitué du Champ e Mars dès mon plus jeune âge et mon rêve était de devenir jockey. Alors, j’ai pris des renseignements à droite et à gauche et je me suis retrouvé comme palefrenier au Domaine les Pailles en 2009. J’ai ensuite commencé à apprendre à piloter pour ensuite rejoindre le Club Hippique de Floréal et le Centre Guy Desmarais après plus de deux ans. J’ai alors réalisé mon rêve d’enfance», se souvient Allyhosain.
Il a ensuite fait son petit bonhomme de chemin pour se retrouver au Champ de Mars avant de tenter l’expérience en Nouvelle-Calédonie en 2011 et 2012. De retour à Maurice, il est passé sous la férule de Ramapatee Gujadhur et a bénéficié des conseils des autres collègues. «J’ai eu une bonne expérience en Nouvelle-Calédonie et ensuite les conseils des senior riders tels que Yashin Emamdee et autre Rakesh Bhaugeerothee m’ont beaucoup aidé» a-t- ajouté.
Dédiée à ma mère
Avec deux montes en 2015, le Mauricien de 24 ans qui se démarque par sa taille (1m75), en était à sa deuxième samedi dernier. «J’avais accordé une bonne chance à Van der Scaler, car il avait travaillé en compagnie des ténors de son écurie. Mais, il faut dire qu’il travaille toujours bien à l’entraînement, mais répète rarement en course. C’est cela que je craignais. Mais ce fut le contraire qui s’est produit. En ligne droite finale, j’étais confiant en mes chances, car mon coursier était beaucoup mieux par rapport à mes adversaires. Ce fut une émotion inexplicable quand j’ai traversé la ligne d’arrivée en premier», raconte Allyhosain. «J’ai suivi au maximum les instructions de mon entraîneur. Je l’ai fait et cela a payé. Je suis très fier d’avoir remporté ma première victoire pour Ramapatee Gujadhur et pour sa famille et surtout avec la casaque bleue électrique. Cela va rester gravé dans ma mémoire. Je les remercie énormément de m’avoir confiance. Je dédie aussi cette victoire à ma mère qui est mon premier soutien. Elle m’a toujours soutenu dans ma démarche de  devenir jockey. Elle est aux petits soins avec moi, car elle est debout dès 04h30 tous les matins pour m’aider à me préparer».
Allyhosain, qui est un fan du jockey français Maxime Guyon et qui apprécie le style de Jeanot Bardottier sur le plan local, veut maintenant garder les pieds sur terre tout en espérant avoir d’autres montres après cette victoire pour acquérir de l’expérience. «Mon objectif est de devenir un jockey professionnel afin de poursuivre mon rêve. J’ambitionne de monter à l’étranger, peu importe la destination, mais il me faut avant tout parfaire mon apprentissage. Et pourquoi pas un jour suivre les traces des  role models que Karis Teetan et Nooresh Juglall? Mais, nous les jeunes, il nous faut un guide, un riding master ou encore une académie ici à Maurice. Je dis aux jeunes de croire en eux-mêmes comme je l’ai fait», a-t-il conclu.