Samedi dernier le Champ de Mars tout entier a découvert une nouvelle cravache. Il s’agit, en effet, d’Alvinio Boy qui pour sa première sortie officielle au Champ de Mars a réussi un coup de maître. Ce jeune cavalier, qui n’a obtenu sa licence d’apprenti jockey qu’en février dernier compte déjà une victoire dans son actif. Il a, comme un grand, gagné l’épreuve d’ouverture de la 12 journée dotée de The Compendium Plate (1600m-MR: 0-30) sur Isipho, une unité de l’écurie Vincent Allet.
Alvinio Roy, c’est pour l’heure le new kid in town. Âgé seulement de 19 ans mais  disposant déjà d’une solide connaissance des chevaux pour avoir commencé très jeune dans le métier comme palefrenier, la jeune coqueluche du Champ de Mars n’est certainement pas un néophyte de service. Avant de pouvoir monter en selle dans une course réservée aux jockeys et apprentis mauriciens, Alvinio Roy a presque tout connu dans le monde du cheval.
En effet, c’est en accompagnant son père, Georges, au Champ de Mars qu’est né chez lui le goût de la race équine. Très vite, ses visites dans le temple du cheval à Maurice se transforme en des visites de passion qui l’emmènent à l’âge de 9 ans dans un centre d’entraînement privé à Belle-Mare. Notamment chez le bien nommé, Gowreesunkur. «A cette époque il était surtout question pour moi de mieux apprendre à connaître les chevaux. Je me rendais  pendant les vacances d’école pour faire, à peu près tout ce qu’on me demandait, et à 10 ans j’ai eu l’occasion de monter sur le dos d’un cheval. C’était magnifique et la magie des chevaux n’a fait qu’augmenter mon désir de monter un jour au Champ de Mars», explique d’entrée le jeune Alvinio Roy.
Actuellement sur un nuage après sa première victoire sur un extrême outsider, le cavalier raconte à Turf Magazine, non sans émotion, comment il a fait le tour des écuries avant de prendre ses quartiers au Club Hippique de Maurice (CHM). Mais c’est son passage dans un centre privé à Trou d’Eau Douce sous la direction de Tasmim Lalloo qui  a marqué ses esprits. «Avec cette dame j’ai vraiment eu la possibilité d’apprendre les rudiments pour être jockey. Après Poste Lafayette, Pailles et Trou aux Biches, mon papa était parti voir Jean-Marc Halbwachs pour que j’intègre l’académie du Club Hippique», raconte Alvinio Roy.
A 15 ans a commencé donc une nouvelle aventure pour celui qui ne savait pas encore que son destin allait changer un samedi 20 juin.  Avec le soutien technique de Severine Hirtz, il se perfectionne dans son nouveau métier et prend exemple aussi sur les prestations de Johan Victoire et Christophe Soumillon. «Je les ai vus en action lors du Week-End International à Maurice et depuis je suis devenu fan», laisse entendre celui qui est aussi un passionné du football et de natation.
Le début de sa nouvelle aventure commence vraiment lorsque Amar Sewdyal lui présente à l’entraînement Hugues Maigrot en 2012. «Hugues Maigrot cherchait un apprenti pour travailler ses chevaux à Floréal et Amar a expliqué à M. Maigrot que j’étais quelqu’un en qui il pouvait faire confiance. Pendant deux ans j’ai travaillé avec lui et lorsque j’ai été appelé à venir travailler à Port-Louis en 2014 je me suis senti assez fort pour commencer sur la piste», avoue-t-il.
Ce n’est cependant qu’en février 2015 qu’il a eu sa licence d’apprenti et Alvinio Boy ne cache pas ses remerciements à Samraj Mahadia qui a été d’une grande aide, dit-il. «Mahadia est un commissaire très correct et il a été très gentil avec moi et mes autres camarades. Il a toujours été de bon conseil, surtout lorsque j’ai eu la licence», dira encore Alvinio Boy.
S’il s’attendait à être appelé à monter dans une épreuve officielle, surtout après ses 4 réussites dans les barriers trials, en revanche il ne savait pas que le succès serait au rendez-vous à sa première participation. «J’ai travaillé avec Isipho lors des barriers trials et je n’avais pas mal fais. J’étais confiant que je pouvais terminer dans les 5 premiers de l’épreuve et surtout de ne pas commettre d’erreur avec ma monture. Mais gagner, je ne le pensais pas. Ce n’est qu’à l’entame de la ligne droite que j’ai constaté que la victoire était à ma portée d’autant que mon cheval continuait à kick», raconte Alvinio Roy, qui espère continuer sur cette lancée.
«Pourquoi ne pas gagner trois ou quatre courses et ouvrir ainsi une porte pour aller se perfectionner en Afrique du Sud», dira-t-il. C’est tout le bien qu’on peut lui souhaiter.