Passées du statut d’animaux « en danger d’extinction » à « nuisance publique », les chauves-souris suscitent les débats. D’où la décision de la Mauritian Wildlife Foundation (MWF) de faire une étude pour évaluer l’impact réel des dommages causés par ces mammifères sur la production de fruits. Un appel à volontaires a été lancé afin de faire la surveillance et d’enregistrer les données dans des vergers et des arbres fruitiers en arrière-cour. L’étude sera menée par le Dr Ryszard Oleksy, chercheur de l’université de Bristol en Angleterre et attaché à la MWF.
La chauve-souris de Maurice, dont le nom scientifique est Pteropus niger, est protégée car il s’agit d’une espèce endémique et classée « en danger d’extinction » par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). Cependant, ces dernières années et avec l’absence de cyclones, la population des chauves-souris a grandement augmenté et les dégâts qu’elles causent chaque année aux arbres fruitiers sont conséquents. A un certain moment, il avait même été suggéré de les abattre. Mais la MWF est contre cette idée car la chauve-souris est protégée par nos lois.
Par ailleurs, l’organisation fait ressortir que si ces mammifères représentent les principaux prédateurs de fruits commerciaux, d’autres comme les rats et même certains oiseaux importés sont tout aussi impliqués dans la perte de fruits. Pour mesurer l’impact réel des dommages causés par la chauve-souris, la MWF débute une étude avec la collaboration du National Parks and Conservation Service (NPCS) et l’Agricultural Research Unit (AREU). Selon le Dr Vikash Tatayah, Conservation Director de la MWF, « pour apporter des réponses à propos de la prédation des fruits, une grande étude sur la chauve-souris de Maurice sera menée. Cela permettra de collecter suffisamment d’informations sur ses préférences alimentaires et l’impact qu’elle a sur les fruits cultivés. »
Ce projet durera au moins un an et consistera à surveiller les vergers et grands arbres fruitiers dans les arrière-cours. Des caméras seront installées et des volontaires postés pour enregistrer la fréquence des visites. Cela permettra à la MWF d’observer l’impact réel de la chauve-souris et d’identifier, par la même occasion, les autres prédateurs. Grâce aux localisations par GPS, les chauves-souris volant de leurs zones d’habitation seront suivies et leur parcours enregistré. L’étude fournira des informations importantes sur les préférences de l’habitat des chauves-souris, des distances parcourues, leurs déplacements saisonniers, les sites d’alimentation et leurs dortoirs. La MWF établira les préférences alimentaires des chauves-souris en captivité en leur offrant le choix entre différents fruits indigènes et cultivés, et à différents stages de maturation.
C’est le Dr Ryszard Oleksy, chercheur de l’université de Bristol en Angleterre et attaché à la MWF, qui mènera cette étude sur le terrain, sous la supervision de Vikash Tatayah. Le Dr Oleksy a déjà mené ce genre d’études, notamment sur la chauve-souris frugivore de Madagascar. À la fin de l’étude, il tentera également de suggérer des solutions aux problèmes liés à la chauve-souris de Maurice.
Pour mener à bien cette étude, la MWF fait appel à des volontaires pour la surveillance. Ils seront principalement impliqués dans l’observation des chauves-souris dans différentes localités de Maurice au crépuscule et pendant les premières heures de la soirée. Les personnes intéressées peuvent contacter la MWF par téléphone (6976117) ou par e-mail (executive@mauritian-wildlife.org).