Me Antoine Domingue, SC, qui a soumis sa démission hier matin au Bar Council, sera fixé sur son sort le 7 août lors d’une assemblée extraordinaire. Dans une lettre adressée au secrétaire du Bar Council, Me Yahia Nazroo, Me Domingue a signifié son intention de démissionner du Bar Council suite aux « pressions politiques » exercées contre lui ou encore « la façon d’agir de deux avocats parlementaires de la majorité » gouvernementale.
Toutefois, après avoir reçu la lettre de démission de Me Domingue, le Bar Council a décidé de se réunir d’urgence hier après-midi pour revenir sur ces derniers évènements. La réunion, de nature informelle, a été présidée par l’Attorney General Ravi Yerrigadoo, en sa capacité de vice-président de la Mauritius Bar Association, instance gérée par le Bar Council. L’Attorney General, qui s’est exprimé devant la presse après cette réunion, a indiqué que 55 avocats ont contresigné une réquisition demandant au conseil de ne pas accepter la démission de Me Domingue. Le Bar Council tranchera le 7 août lors d’une réunion extraordinaire. De ce fait, la réunion extraordinaire du 4 août, à la demande de Mes Rama Valayden et Rex Stephen, suite aux démêlés entre l’ICAC et le DPP, a été renvoyée au 7 août. Ainsi, deux items seront abordés lors de cette assemblée extraordinaire, « soit si le Bar Council accepte ou pas la démission de Me Domingue et, ensuite, la situation dans le domaine légal », a indiqué Me Yerrigadoo. L’Attorney General a ajouté que la démission de Me Domingue sera sujette à un vote à bulletins secrets lors de l’assemblée extraordinaire. Me Rama Valayden, présent lors de la réunion informelle, a soutenu : « Il y a des leçons à tirer. Si on ne le fait pas, il n’y aura pas de changements. » Me Valayden devait aussi mettre l’accent sur « l’unité des membres du barreau » et « la dépolitisation du conflit institutionnel qui touche le pays actuellement », mettant ainsi en garde contre les « apprentis sorciers ».  À noter que Me Domingue ne fait plus partie du panel d’avocats qui défendra Pravind Jugnauth lors de son procès en appel, car s’étant retiré le 22 juillet. L’homme de loi a également démissionné du conseil d’administration de la Financial Services Commission (FSC), exprimant de fait son souhait de « ne plus vouloir rien avoir à faire avec les organismes du gouvernement ».