Le supplice est à son comble pour les employés de la Mauritius Duty Free Paradise Shop (MDFPS). Pour cause : la persécution dont ils se disent victimes quotidiennement. Après la syncope d’une employée le 1er octobre face aux insultes du CEO de la compagnie, Simo Carvevìc, une autre employée a dû être admise en clinique la semaine dernière. Cette fois encore, c’est le résultat d’un traumatisme subi sur son lieu de travail mardi soir, où elle a appris verbalement que son contrat en tant que Beauty Technician ne serait pas renouvelé.
Traumatisme. C’est l’état dans lequel se retrouve aujourd’hui une employée de la MDFPS, alors qu’elle y a effectué plus de vingt années de service. En cause, le choc qu’elle a eu mardi dans la soirée, à l’annonce du non-renouvellement de son contrat en tant que Beauty Technician, qui expire à la fin de ce mois, par un des chefs préposés. Qui plus est, cette annonce lui aurait été faite alors qu’elle se trouvait près des comptoirs check-in et des toilettes, dans le lounge du nouveau terminal.
La raison qui lui aurait été avancée : son sponsorship revient à trop chère à la maison mère. Cette employée de la MDFPS est en effet affectée, depuis un an, en tant que Beauty Techncian pour une des maisons de cosmétique de luxe basée à l’aéroport. Job pour lequel, comme les autres Beauty Technicians, elle a passé une entrevue et sa candidature retenue, avant qu’elle ne suive une formation spécifique pour la vente des produits cosmétiques de luxe de la marque qu’elle représente au sein des boutiques hors-taxes. Désormais, elle devrait travailler dans les boutiques hors-taxes. Réclamant une lettre prouvant cette décision, il lui a été requis de s’adresser au management.
À peine cette nouvelle annoncée, l’employée s’est sentie mal et a du être conduite à l’infirmerie ou une hausse de sa tension artérielle a été constatée par le médecin de service. Elle a été référée à l’hôpital où elle a subi plusieurs tests, dont un électrocardiogramme. Son état de santé inspirant des inquiétudes, la décision a été prise par sa famille de la faire admettre en clinique le lendemain et elle a reçu plusieurs jours de congé maladie. À ce stade, elle attend toujours de recevoir sa lettre de non-renouvellement de contrat.
Entre-temps, les interrogations fusent quant à la manière dont cette annonce lui a été faite. Outre le fait qu’elle n’ait pas été convoquée dans un bureau pour cette annonce, les employés s’interrogent pourquoi ce n’est pas le HR Manager, Veeren Comaren, qui s’est chargé de cette tâche. Selon nos informations, ce dernier n’était même pas au courant de la décision du CEO concernant cette employée. Autres interrogations des employés, « si effectivement il s’agit d’une décision de la maison mère, approuvée par le board, pourquoi jusqu’ici aucune lettre n’a été remise à cette employée pour lui confirmer le non-renouvellement de son contrat ? » Cette affaire ne restera pas sans suite, disent-ils. Le syndicat a été sollicité et les services d’un homme de loi retenus.
Vengeance
Au-devant des derniers événements et face à leurs conditions de travail de plus en plus difficiles, la frustration des employés de la MDFPS est grandissante. Ils déplorent les méthodes de dictature depuis que le nouveau CEO a pris ses fonctions. « L’atmosphère est invivable dans les boutiques pour les employés », disent-ils, ajoutant venir travailler chaque jour avec une pression énorme. La situation est telle, disent-ils, que « personne népli anvi travay ». Et de faire ressortir que le dernier cas en date découle d’une tentative de vengeance de la direction, selon eux, à l’encontre des Beauty Technicians.
En effet, comme nous en avions plusieurs fois fait état dans nos colonnes, le refus des Beautry Technicians de travailler, comme le souhaite la direction, plus de quatre à cinq, voire six soirs par semaine, est difficilement toléré par le management. Ainsi, outre la pression exercée sur les Beauty Technicians, dont la majorité a refusé ces horaires de travail, la direction a eu recours à d’autres consultants, qui n’ont, elles, reçu aucune formation des maisons mères pour effectuer les shifts du soir. Ces nouvelles recrues poseraient d’ailleurs diverses problèmes dans les boutiques, font ressortir les employés de la MDFPS, indiquant qu' »en raison de leur manque de formation, elles n’arrivent pas à conseiller correctement les clients, qui s’en plaignent ».
Pour les employés de la MDFPS, le non-renouvellement du contrat de cette employée, qui en est tombée malade, relève d’un acte de vengeance de la direction. D’où la crainte des autres Beauty Techncians pour leur poste. Déplorant l’enfer qu’ils vivent au quotidien, les employés de la MDFPS craignent qu’à bout un des leurs ne commette l’irréparable. D’autant que la compétition malsaine a redoublé, ce mois-ci encore, avec la victoire de la même équipe, une fois de plus, s’agissant des meilleures ventes, valant à chaque employé de cette équipe une récompense de Rs 8 000.
« Le système de targetting selon lequel nous opérons est malsain. Cela provoque trop de frustration entre collègues », expliquent les employés. Et de faire ressortir qu’outre la pression de travail, ils sont « menés en bateau par la direction » qui, cette semaine encore, alors qu’il était prévu qu’ils prennent connaissance du rapport sur leurs conditions salariales et conditions de travail le 8 octobre, « la direction s’est dérobée ». Face à ce manque d’égard du management qui fait fi également de la pression du ministère du Travail, ils envisagent le recours à une commission légale.