Privés de « casual leave » en cette période de fête, ils font aussi face à un manque d’équipements

Une manifestation prévue le 30 janvier prochain

Les pompiers, qui seront à pied d’œuvre pendant les fêtes et le mauvais temps, travaillent « dans des conditions très difficiles ». C’est ce que soutient la Government Services Employees Association (GSEA), qui prévoit une manifestation le 30 janvier. Selon ses porte-parole, ces officiers des Mauritius Fire and Rescue Services (MFRS) sont privés de “casual leave” depuis le 12 décembre et les nouvelles recrues travaillent avec un seul polo, depuis leur arrivée. Des conflits au plus haut niveau du département, dans la course pour le remplacement du Chief Fire Officer, Louis Pallen, qui part à la retraite bientôt, sont aussi dénoncés.

Alors que les pompiers sont en train de jouer un rôle très important sur le terrain lors des calamités naturelles, leurs conditions de travail laissent à désirer. C’est ce que dénonce Radakrishna Sadien, président de la GSEA, qui englobe le syndicat des pompiers. Il ajoute que la situation est devenue « catastrophique » car « les problèmes s’accumulent au fil des années » et « rien n’est fait » pour y trouver des solutions. Il cite en exemple la récente circulaire adressée aux pompiers : « Le 11 décembre, à 22h, une lettre a été émise pour dire que personne n’a droit au “casual leave” à partir du 12 décembre. Tous les congés ont été annulés du jour au lendemain. Est-ce qu’on peut fonctionner comme cela ? Le plus grave, c’est que lorsqu’on parle au responsable, il dit qu’il ne s’occupe que de l’administration et pas de l’opération. Où allons-nous ? » Il déplore le fait que les pompiers doivent faire face à cette période difficile en travaillant 7/7 jours sans avoir la possibilité de faire un « break » pendant le week-end. « Il faut des conditions plus humaines. C’est le ras-le-bol chez les pompiers. De même, le problème des Lead Fire Fighters, une recommandation du PRB, demeure entier. Ils sont au nombre de 95 à occuper ce poste depuis janvier dernier sans pour autant recevoir les rémunérations appropriées. »

De son côté, Ashraf Buxoo, président de la GSEA Fire Fighters Cadre, souligne que 114 recrues ont complété leur formation mais n’ont pas encore été intégrées à l’équipe d’opération. « Ils ont suivi une formation intensive pendant six mois. Et au moment où il faut les inclure dans le système opérationnel, on choisit de les cantonner au “day duty”. » Cette situation, selon lui, s’explique du fait qu’il y a un manque d’équipement. « Ils n’ont même pas un casier pour garder leurs affaires et travaillent avec un seul polo depuis six mois. »

Ashraf Buxoo dénonce aussi la manière dont les transferts sont effectués aux Mauritius Fire and Rescue Services. Il réclame un comité de transfert avec un représentant du syndicat. « À ce jour, deux ou trois policiers font les transferts comme ils veulent. De même, il y a des jeunes filles qui ont été formées et qui veulent être dans le système opérationnel. Il y a deux demandes pour la caserne de Flacq qui sont sans réponse. Pour l’heure, il n’y a que deux filles sur le système à Saint-Aubin. »
Pour sa part, Lindsay Sauterelle, secrétaire du syndicat, déplore le conflit au plus haut niveau de l’administration des MFRS. « Le Chief Fire Officer doit partir à la retraite en mars prochain. Il y a comme un conflit parmi ceux susceptibles de lui succéder. C’est pour cela qu’il n’y a pas d’harmonisation. Quant au CFO, il préfère jouer “low profile” étant donné qu’il va partir. » Il ajoute que « ce sont les travailleurs qui souffrent de la manière dont les MFRS sont gérés ».

Par ailleurs, le syndicat dénonce le fait qu’un camion de la MFRS doit être stationné au port chaque jour, alors que ce secteur a son propre service de « fire fighters ». La raison, dit-il, est que leur camion est en panne.
Pour toutes ces raisons, la GSEA prévoit une manifestation dans les rues de la capitale le 30 janvier. Si la situation n’évolue pas, prévient le syndicat, d’autres actions seront organisées.