La situation est-elle revenue à la normale au sein de la Mauritius Football Association (MFA) après la double lettre de la Fédération Internationale de Football Association (FIFA) d’une part à l’adresse de Vinod Persunnoo et d’autre part à l’égard de Anoop Madhow? Rien n’est certain, même si vendredi  la réunion du comité directeur sous la présidence de Vinod Personnoo s’est déroulée dans une  ambiance «des plus cordiales» nous ont précisé les deux hommes. Cependant, le fait même que le groupe des huit contestataires ont assisté à cette réunion de l’exécutif convoquée par Vinod Persunnoo veut-il dire dans la foulée qu’ils ont finalement accepté ce dernier comme président? «Pas du tout, répond Anoop Madhow, si les huit membres ont accepté d’assister à cette réunion  de l’exécutif vendredi c’est dans l’unique but de ne pas pénaliser le football. Il est important pour nous que les compétitions reprennent leurs droits.»
Pour le chef des contestataires, les lettres de la FIFA sont venues davantage jeter le doute dans l’esprit des gens. «Nous ne sommes pas là non plus pour contester la position ou les décisions  de la FIFA. Mais il est important pour nous de savoir, dans ce cas précis, qui a préséance d’un pays démocratique. Nous avons agi selon les règles établies par le Sports Act et le Registrar of Associations Act, qui est une instance avec laquelle la MFA est enregistrée afin de pouvoir bénéficier des fonds d’aide des institutions sportives. Nous avons besoin de savoir si le Sports Act compte pour quelque chose ou c’est les règlements des fédérations internationales qui font la loi à Maurice?», s’interroge Anoop Madhow à Week-End hier matin.
Par contre pour Vinod Persunnoo, les choses entrent peu à peu dans l’ordre. «J’ai effectivement présidé la réunion de vendredi qui s’est déroulée dans une ambiance très cordiale. Nous avons évoqué bien des choses au sein du comité (voir plus loin)», a-t-il expliqué hier matin alors que mardi dernier il avait animé un point de presse au Football House pour évoquer  la lettre de la FIFA.
En effet, deux lettres de la FIFA (21 et 26 octobre) signées d’une part, par Thierry Regeness en tant que directeur de la division développement et association, pour Vinod Persunnoo, et Jérôme Valcké pour Anoop Madhow. Un paragraphe vient simultanément dans les deux lettres à l’effet que: «After a thoughtful analysis of the MFA statuts, its appears that the right to call off members of the National Managing Committee, amongst which the président , would be reserved to the National General Assembly in accordance with art. 27.2 in combination with art. 18.5.10 of the MFA statuts. As a consequence, the reconstitution » of the National Managing Committee does not seem to comply with the relevant provisions of the MFA statuts as any removal of any member of the National Managing Committee appeats to lie with the National General Assembly», peut-on lire dans la lettre de  Thierry Regeness à Vinod Persunnoo. Alors que dans celle de Jérôme Valcké, il est précisé que «For FIFA, Mr Persunnoo remains the official  MFA president».
Aucun doute pour la FIFA
La lettre de la FIFA est claire comme de l’eau de roche et Vinod Persunnoo est bien le président de la MFA. Par contre sur le plan national, la démarche de la FIFA pose un sérieux problème. Car si on se réfère aux Articles cités dans la lettre de Zurich, il va sans dire que la FIFA a vu le problème de la MFA à travers l’oeil de ses propres statuts. Il faut savoir que pour la FIFA, il y a trois choses  auxquelles on ne touche pas, le Congrès (assemblée générale), le président et le secrétaire général qui sont élus par le congrès. L’Article 27.2 des statuts de la MFA se lit comme suit : «The National General Assembly may revoke the National Managing Commitee by taking a vote to that effect with a majorité of 3/4 of the total number of votes held by all members voting of the Assembly». Alors que l’Article 18.5.10 (qui parle de l’autorité de la National General Assembly) se lit comme suit: «revoking the mandate of one or a number of members of committees set-up by the MFA.»
Est-ce que la FIFA considère le choix de l’exécutif de la MFA de Vinod Persunnoo comme président en décembre dernier est un « mandate »?  La question reste posée et qui mérite des réponses de façon urgente. Puisque la position de la FIFA qui est d’accorder son soutien à Vinod Persunnoo alors que c’est l’exécutif qui l’a choisi comme président (Article 25.1.5) pose un sérieux problème d’autonomie d’une fédération et de la souveraineté d’un pays par rapport à ses lois.  D’autant plus que  la FIFA n’a pas  cessé de démontrer qu’elle n’est pas un modèle de démocratie et encore moins exemplaire dans le mouvement sportif international.
Mandate
Il est important de souligner dans cette affaire que contrairement à ce que veut faire croire la FIFA, le ‘mandate’ de Vinod Persunnoo comme membre de la MFA n’a jamais été «revoked». Puisque selon la réorganisation de l’exécutif de la MFA le 20 octobre dernier, Vinod Persunnoo est toujours membre du bureau. Donc l’autre question que l’on se pose à valeur du jour est: qui est président de la MFA? Si pour la FIFA il n’y a pas de doute que c’est bien Vinod Persunnoo, comme confirmé dans la lettre de Jérôme Valcké. Par contre, pour les autorités locales, à l’instar du MJS et du Registrar of Association, les «records» indiquent que c’est Anoop Madhow qui est président au Football House.
Interrogé hier matin, le ministre de la Jeunesse et des Sports dit ne plus comprendre ce qui se passe à la MFA et envisage sérieusement d’agir si très vite une solution durable n’est pas trouvée. «Je vous avoue que  je ne comprends rien de ce qui se passe à la MFA. Le dernier courrier de la MFA signé par son secrétaire nous indique que c’est Anoop Madhow qui est le nouveau président de la MFA. Maintenant, j’apprends à travers la presse qu’il y a une lettre de la FIFA qui indique le contraire. Which is Which? Je ne sais pas, par contre je sais officiellement que c’est Anoop Madhow qui est président de la MFA et pour tirer cette affaire au clair et dire aussi le point de vue du MJS, je compte appeler Anoop Madhow et son équipe, aussi bien que Vinod Persunnoo au MJS pour essayer de mettre de l’ordre dans cette histoire qui, je tiens à le rappeler, pénalise sévèrement les footballeurs, puisque les différents championnats n’ont toujours pas repris. Si une solution n’est pas trouvée, c’est sans hésitation que j’appliquerai le couperet financier», a indiqué Devanand Ritoo à Week-End.
Par ailleurs, le ministre des Sports se dit concerné par le fait que la FIFA semble vouloir imposer ses lois sur Maurice. «Nous sommes un pays souverain, un pays démocratique et nous avons une loi sur le sport qui n’est contestée par aucune instance sportive internationale. Cette loi garantit l’autonomie des fédérations, comment la FIFA peut-elle intervenir dans les affaires internes d’une fédération. L’année dernière, nous avons eu la visite d’une personnalité de l’ACNOA et du CIO, à savoir Mustapha Beraff. Il avait bien fait comprendre que chaque pays a ses spécificités et que c’est aux fédérations de trouver des solutions à leurs problèmes. Donc, je vous avoue que je ne comprends pas la position de la FIFA», a précisé Devanand Ritoo.
Autant dire que c’est un dossier qui n’est pas encore clos.
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DÉCISIONS: La Super League au placard
A ne plus comprendre. Alors qu’une assemblée générale a voté pour la Super League, le Managing Committee a choisi de mettre au placard cette formule de compétition. Comme annoncé après la réunion de l’exécutif du 20 octobre, c’est le traditionnel Championnat de D1 et D2 qui sera en vigueur à la nouvelle saison. Avec l’inclusion de l’USBBRH et Étoile de l’Ouest. Ainsi, les clubs ont été conviés lundi après-midi pour le tirage au sort, sauf Vacoas-Phoenix. Cette formation qui a une ardoise de Rs 50 000 à la MFA a été priée de payer ses dettes d’ici lundi midi. Au cas contraire, elle sera privée de compétition.
Autre décision qui fait déjà couler beaucoup d’encre, la mise à pied de Ruben Armoogum comme Planing, Developpment and Finance Officer de la MFA. Une décision que Vinod Persunnoo trouve dure à avaler. «C’est effectivement une décision très dure qui a été prise par la majorité. Je crois qu’on peut trouver des solutions, car je pense que la MFA a besoin des compétences de notre ami Ruben», a-t-il laché.
Autre décision prise par le comité c’est la non-participation de Maurice à la phase éliminatoire de la Coupe du Monde 2014 contre le Liberia. La décision a été aussi prise pour mettre en place un comité pour travailler sur les amendements des Statuts de la MFA en fonction des recommandations de la FIFA.