La Mauritius Housing Company (MHC) célèbre cette année ses cinquante ans d’existence. Une occasion de revenir sur les accomplissements de cette compagnie, publique depuis 1989. Rajen Seetohul (directeur) et Mahmade Khodabaccus (président) de cette institution nous parlent des services offerts par cette compagnie qui oeuvre pour que chaque Mauricien « ena enn zoli ti lakaz ».
Les deux hommes reviennent sur la « grande contribution » de la MHC dans le développement socio-économique du pays. Depuis sa création, plus de 100 000 clients ont bénéficié d’une aide financière pour la construction de leurs maisons ou pour sa rénovation.
La MHC a été créée en 1963 dans un contexte économique très difficile. Durant cette période, les logements comprenaient essentiellement des maisons coloniales et des demeures constituées de feuilles de tôle et de bois destinées à la population ouvrière. Les maisons durant cette période furent sévèrement affectées par certains cyclones, notamment Carol et Alix. Après leur passage, plus de 20 000 maisons ont été détruites. Et c’est à cette période que la MHC en tant que corporation voit le jour. « L’objectif de la MHC à l’époque était de reconstruire le pays en octroyant des prêts à la population afin que chaque famille puisse avoir un toit », explique Rajen Seetohul. Une aide qui sera apportée principalement aux groupes plus vulnérables de la société. Si durant les années 70 la corporation avait le monopole des prêts de logement, depuis, les choses ont changé. Sa définition en tant qu’entreprise depuis 1989 l’oblige à brasser large. Souhaitant que la MHC soit une « référence en prêt logement », Mahmade Khodabaccus soutient que la compétition est rude. « Nous devons y faire face. Nous nous devons d’avoir un service de qualité et nous démarquer sur tous les plans », dit-il. Étant un « benchmark » en prêt logement, la MHC souhaite toujours surprendre ses concurrents, avec le taux d’intérêt le plus bas et un service novateur.
Panoplie de services
Parmi les services offerts aujourd’hui, figurent les prêts logement, le service d’architecte, le remboursement des prêts octroyés par d’autre banques, le service légal… Rajen Seetohul associe cette expansion à l’expérience acquise par l’entreprise depuis sa création. « 25 % de la population a pu bénéficier du soutien de la MHC », dit M. Seetohul. C’est ce soutien financier qui a contribué à ce que Maurice soit reconnue comme un des pays d’Afrique avec le pourcentage le plus élevé en Household Ownership (soit 90 %). « Gras a nou bann finansman ek servis, nou finn kapav ed bann dimounn pou ki zot mont zot lakaz dan Moris », soutient le directeur. Aujourd’hui, l’entreprise a élargi ses services et vise une nouvelle clientèle. « La classe moyenne est devenu notre nouveau champ de bataille », soutient M. Khodabaccus. « La demande est grande pour ce marché. Rien que pour les types de logement que nous proposons à Vuillemin pour la classe moyenne, il ne nous reste plus d’unités. Tout est parti comme des petits pains. Nous proposons des appartements de trois chambre à coucher pour une famille de classe moyenne et le taux de remboursement est adapté aux revenus du couple ». D’autre part, M. Seetohul pointe du doigt la politique de certaines entreprises, spécialistes en prêts logement. « Certaines compagnies offre un taux d’intérêt de 4 % pour la première année de remboursement. Une condition qui certes attire la clientèle. Mais ce taux d’intérêt ne cesse de grimper au fil des années », explique Rajen Seetohul.
Projets et initiatives
Contre ce type de pratique, la MHC s’est engagée dans une campagne de sensibilisation et de formation. Cette initiative cadre avec la célébration des 50 ans de l’entreprise. Dans cette optique, la MHC a offert diverses facilités à ses nouveaux clients sans frais de dossier, ni d’application et un plan gratuit pour la maison. La MHC compte également proposer un type de logement à Rodrigues. « Nous avons une succursale à Rodrigues. D’aillons, nous disposons de 25 % du marché sur l’île. Lors de nos déplacements, nous avons réalisé qu’il y existe un potentiel important. C’est pourquoi nous offrons aux Rodriguais des facilités différentes », soutient M. Seetohul. Il cite un financement et des prêts logement aux entrepreneurs de l’île. « À Rodrigues, nous avons beaucoup de self-employed. Ils sont agriculteurs, pêcheurs, entre autres. Nous ne souhaitons pas les priver de facilités en vue d’améliorer leurs conditions de vie ». À Mahmade Khodabaccus d’avancer que la MHC envisage d’y proposer un nouveau prototype de maison. « Nous avons un architecte qui se déplacera dans l’île et qui étudiera cette possibilité. Nous souhaitons proposer un type de logement spécifique à l’île mais principalement par rapport à la demande du client ».
La MHC prévoit également du 11 au 13 septembre une conférence internationale au Sugar Beach Hotel dont le thème retenu sera Raising capital for housing finance. « Toutes les institutions financières seront invitées et cette initiative permettra à la MHC de réfléchir sur ses priorités », soutient Rajen Seetohul.
La MHC compte six succursales, à Curepipe, Flacq, Goodlands, Triolet, Bambous et Rodrigues et emploie quelque 200 personnes. La compagnie espère enrichir encore sa gamme de services pour le bien-être des Mauriciens afin qu’ils concrétisent leur rêves en matière de logement.