« Le programme du gouvernement est révolutionnaire, c’est un programme qui répond aux aspirations du peuple. C’est la première fois que cela provoque une unanimité parmi toute la population y compris le patronat », laisse entendre Haniff Peerun, Président du Mauritius Labour Congress (MLC). Il souhaite que le gouvernement réalise tous les objectifs mentionnés, y compris dans l’éducation et la santé, tout en disant porter un regard attentif sur la classe des travailleurs endettés. « Le fait que le gouvernement prend de bonnes décisions, c’est déjà un signal fort. »
Haniff Peerun se félicite que les propositions du MLC aient été retenues. « Nou dans MLC, nou éna compétence et nou disposé aide le gouvernement pou faire enn travail en commun. On avait dit dès le départ que le permis à point est un leurre. On félicite le gouvernement pour sa décision en ce sens. On demande que le wifi soit gratuit dans les maisons pour les enfants qui doivent étudier. Il faut aussi qu’il y ait des repas chauds dans toutes les écoles. » Il ajoute qu’il est temps d’éliminer le favoritisme en matière d’embauche. « Tous les postes vacants dans les corps para-étatiques doivent être publiés dans tous les journaux. Il ne faut pas privilégier un journal aux dépens d’un autre. » Il se dit également pour la priorité à la main-d’oeuvre mauricienne. « Beaucoup de Mauriciens sont au chômage, c’est une façon de les aider. » Haniff Peerun réclame un “price fixing mechanism”. « Trop de commerçants font des profits excessifs. Certains font jusqu’à 500 % de profit. Il y a un cartel parmi les importateurs-commerçants et le consommateur mauricien en fait les frais. »
Le MLC a fait parvenir une lettre au PM lui demandant que comme la Fête de l’Indépendance coïncide avec la Fête de la République, il y ait deux jours de congé. « Ce sont deux fêtes différentes, on réclame qu’il y ait deux jours de congé. Cela ne créera aucun problème sur le plan économique vu que les congés de 2015 tombent pendant le week-end. Plusieurs pays fêtent l’Indépendance sur trois à quatre jours. »
Sur un tout autre volet, Haniff Peerun trouve qu’il est primordial de revoir le rôle, le pouvoir et la responsabilité de chaque politicien. La Public Service Commission, dit-il, a délégué ses pouvoirs au Secrétaire permanent de chaque ministère pour le recrutement de certaines catégories d’employés y compris les Health Care Assistants. « Les politiciens favorisent leurs mandants pour l’embauche. Nous demandons à la PSC de rétablir les choses comme elles étaient auparavant et que chaque recrutement se fasse par la PSC et non par le Chef du Département. » Par ailleurs, dit-il, « il y a des officiers très compétents dans chaque ministère pour guider et conseiller les ministres. Au niveau du MLC, on trouve que les ministres qui recrutent des conseillers doivent payer de leur poche, pas de la poche de l’État. Car les Mauriciens ont voté pour des ministres, pas pour des conseillers. »
Haniff Peerun demande aussi que le contrat de Dev Lutchmun, activiste travailliste nommé à l’époque où Jean-François Chaumière était ministre du Travail, ne soit pas renouvelé. « Si Bhijaye Madhoo, ancien directeur MBC, finn alé dépi MGI, so poulain aussi bizin allé. » Dev Lutchmun, soutient-il, favorise une confédération et crée un climat de malaise parmi les syndicalistes. « Il a boycotté beaucoup de syndicalistes y compris le MLC, pourtant il a fait partie du MLC. Nous, au niveau du MLC, nous voulons que tout se fasse dans la transparence. »