Commentant notamment la situation actuelle dans le monde du travail, Haniff Peerun, président du Mauritius Labour Congress (MLC) – contacté par Le Mauricien dans le sillage d’une récente conférence de presse – explique que le gouvernement, « installé depuis 11 mois », avait promis d’amender l’Employment Right Act et l’Employment Relation Act. Or, dit-il, « il n’y a eu aucun suivi » à ce sujet. « Les travailleurs subissent l’injustice de ces deux lois. Il y a ce sentiment qu’il n’y a aucune sécurité au niveau de l’emploi. » Pour Haniff Peerun, plusieurs autres aspects entrent aussi en jeu, comme les licenciements sans compensation adéquate. « Le Termination Of Contract Service Board empêche les licenciements abusifs. C’était un filet de protection pour les travailleurs. Avec l’amendement de l’Employment Right Act, on peut licencier à n’importe quel moment. S’il y a un litige, il faudra aller devant la Commission For Conciliation and Mediation. Ce n’est pas une force de loi. On fait donc un appel en ce sens au gouvernement afin de venir de l’avant avec un amendement de ces deux lois. » Haniff Peerun demande au gouvernement de faire circuler un « draft amendment », notamment aux Stakeholders, avant de le présenter au Parlement.  
Il a également abordé la question du National Wage Consultative Council qui, dit-il, devrait être présenté au Parlement en vue de fixer le salaire minimum. « On laisse le gouvernement décider du salaire minimum, mais pour nous, il devrait être fixé à un minimum de Rs 10 000. » Concernant la compensation salariale, Haniff Peerun dit que quatre représentants du gouvernement se pencheront sur la question, de même que quatre du patronat, quatre de la société civile et autant au niveau des travailleurs. « Il faut remplacer les représentants de la société civile par des syndicalistes de manière à ce que cela devienne une balance équitable. Au MLC, on demande qu’avant la présentation au gouvernement, il y ait deux comités en place, l’un pour discuter du salaire minimum et l’autre pour débattre d’une “additional remuneration”. » Il demande également que le NRB « continue de fonctionner ». Par ailleurs, selon lui, le Trade Union Trust Fund « ne décaisse pas l’argent qui a été désigné chaque année à la fédération syndicale » pour organiser la formation des travailleurs. « L’Equal Opportunity Commission doit amender la loi, car faute de provision dans l’actuel bill, il y a plusieurs plaintes. » Il dira aussi que le rapport du PRB devrait être soumis avant décembre, et non l’an prochain, « car des fonctionnaires sont en attente de ce rapport ».