Le ministre de l’Énergie et des Services publics, Ivan Collendavelloo, a annoncé hier l’introduction prochaine par le CEB d’un tarif préférentiel en faveur des foyers à faible consommation d’électricité, qui toucherait quelque 70 000 abonnés. Cette décision a été annoncée par le ministre lors du résumé des débats sur le texte de loi portant sur la création d’une Mauritius Renewable Energy Authority (MARENA), qui a été adopté avec amendements. Les travaux parlementaires ont pris fin vers 19 heures hier.
Il est revenu à Showkutally Soodhun hier de proposer l’ajournement des travaux pour mardi prochain, court-circuitant le Premier ministre adjoint, Xavier-Luc Duval, qui est arrivé au parlement quelques minutes trop tard. Alors que ce dernier s’apprêtait à demander l’ajournement, la Speaker lui a indiqué que cela avait déjà été fait.
C’est vers 22 h que Xavier-Luc Duval a quitté le pays pour participer à la foire Top Resa organisée à la porte de Versailles à Paris. Il sera de retour samedi matin.
Les travaux parlementaires hier après-midi ont été marqués par la fin des débats sur la loi concernant la MARENA. Seul le député de l’opposition Reza Uteem est intervenu avant que le ministre de l’Énergie ne résume les débats. Ce dernier a apporté quelques amendements au texte de loi durant l’examen en comité. Le projet de loi a ensuite été adopté en troisième lecture.
C’est à la fin de son intervention qu’Ivan Collendavelloo a annoncé la réintroduction par le CEB d’un “scheme” introduit entre 2000 et 2005 par le gouvernement MSM-MMM à l’intention des plus démunis. Ce plan a par la suite été abandonné par le gouvernement de Navin Ramgoolam. Aux termes des mesures préconisées par le ministre de l’Énergie, quelque 70 000 familles, qui consomment entre 110 et 170 kilowattheures (kWh), seront privilégiées par le Central Electricity Board (CEB), ce qui entraînerait une baisse de 30 % de leurs factures. Le ministre a reconnu que cette mesure était normale dans la mesure où le CEB a réalisé des profits importants. Il a préféré cette démarche plutôt que celle proposée par le MMM qui réclamait une baisse générale des prix aussi bien pour les consommateurs que pour les industriels. Par contre, le député travailliste Osman Mohamed ainsi qu’Alan Ganoo avaient demandé une révision des tarifs imposés aux familles les plus démunies.
« Mentalité revancharde »
Dans son intervention, Ivan Collendavelloo a soutenu que grâce aux décisions prises afin d’encourager la production d’énergie renouvelable, la part de cette dernière dans la production énergique totale passera à 20,1 %. Il a renouvelé l’ambition de son ministère de porter la part de la production d’énergie renouvelable à 35,1 % en 2025. Cette production sera répartie comme suit : hydroélectrique, 90 GW/h (2,2 %), bagasse, 600 GW/h (14,5 %), SSDG (Small Scale Distributed Generation), 25 GW/h (0,6 %), éolienne, 185 GW/h (4,5 %), solaire, 190 GW/h (4,6 %), waste to energy, 360 GW/h (8,7 %). Concernant l’énergie éolienne, deux projets sont actuellement en voie de réalisation, un à Plaine-des-Roches qui devrait être opérationnel en 2016 et un à Plaine-Sophie qui a été retardé pour plusieurs raisons. Cinq projets photovoltaïques représentant une production de 10 MW alors qu’une ferme éolienne produisant 9, 35 MW seront opérationnels l’année prochaine. Le ministre a aussi affirmé qu’à la suite de l’exercice d’expressions of interest lancé par le CEB, 339 projets ont été reçus pour un total de 1 993 MW. Ces projets sont à l’étude et des expressions of interest formelles seront lancées bientôt.
Le ministre a annoncé l’entrée en opération prochaine de l’Utilities Regulatory Authority. Il a souligné le travail abattu par le CEB depuis des années pour la production d’électricité mais a toutefois reconnu que cette institution devrait être en mesure de faire face à la compétition. Ivan Collendavelloo a également souligné la nécessité pour les Petits États Insulaires en Développement de se mobiliser comme un groupe uni surtout à l’occasion de la conférence internationale de Paris en décembre. Dans ce contexte, il a déploré que les initiatives prises par Paul Bérenger alors qu’il était Premier ministre avec le soutien de sir Anerood Jugnauth pour permettre à Maurice de prendre le leadership des petits États insulaires aient été « complètement détruites par le gouvernement de Ramgoolam en raison d’une mentalité revancharde ». Le ministre a rappelé l’organisation de la conférence de l’Onu sur les SIDS au Centre de Conférences International Swami Vivekananda. Il a observé que le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, qui se trouve actuellement à New York, multiplie ses efforts pour reprendre cette position de leadership. En l’absence d’unité entre les petits États insulaires en Développement, ce sont les grands pays en Afrique ou ailleurs qui bénéficieront de l’aide financière internationale permettant aux pays en développement de mieux s’adapter au réchauffement climatique.
Équilibre
Pour sa part, Reza Uteem a observé qu’en parlant de l’énergie, il ne faut pas s’arrêter à l’électricité seulement. Il y a également le transport, dit-il. « Transport is a huge consumer of energy sources. Be it mogas or gasoil, our road transport sector depends on petroleum based fuels. A significant amount of the petroleum products which we import are used in transport. In addition, motor vehicles are a major source of air pollution. They emit greenhouse gas », affirme Reza Uteem, qui s’est dit déçu de l’absence d’intérêt pour l’utilisation de l’énergie renouvelable dans le secteur du transport. Il s’est interrogé sur la politique du gouvernement pour l’utilisation de l’éthanol et du biofuel. Le député du MMM s’est longuement appesanti sur les différentes sources d’énergies renouvelables. Il a souligné la nécessité d’établir un équilibre entre les énergies fossiles et les énergies renouvelables. « Being a small island we have limited demand for energy. So increasing energy produced from a particular source will inevitably result in less energy that can be produced from another source. In other words, if we increase significantly the use of fossil fuel to generate electricity there will be less space for the use of renewable energy to generate electricity due to our limited demand ». Dans ce contexte, Reza Uteem a estimé que les autorités gouvernementales doivent bien réfléchir avant de recourir au LNG qui pourrait empiéter sur l’espace destiné aux énergies renouvelables et décourager leur production. « My plea to Government is not to rush into LNG without a thorough long term analysis. Don’t write off any source of energy. Let independent experts, and CEB is certainly not one of them, come up with the most optimal energy mix for us taking into consideration our size, geographical location and locally available resources. Then decide what energy mix to use », dit-il.