Anil Gayan, ministre du Tourisme

Affirmant sa grande admiration pour tout ce qui est intellectuel, le ministre du Tourisme, Anil Gayan, qui intervenait hier soir sur le Mauritius Research and Innovation Bill, soutient que « nous devons nous ouvrir aux changements ». Cette ouverture s’avère « nécessaire » car, dit-il, plusieurs pays au monde investissent massivement dans la recherche, l’innovation et le développement. Dans ce cadre, il a cité l’exemple d’Israël, considéré comme le premier pays au monde dont l’investissement dans la recherche dépasse celui des autres grands pays. « Ce projet de loi doit être utilisé dans le plus grand intérêt de Maurice », avance-t-il, prenant en compte les objectifs qui doivent être atteints.

Pour lui, lorsqu’on parle de la recherche, il est « impératif » de considérer l’intelligence artificielle, qui, ajoute-t- il, est utilisée même dans la médecine. « La médecine se développe très rapidement tout comme l’intelligence artificielle », dit-il. En outre, Anil Gayan soutient qu’il faut aussi mettre l’accent sur la robotique et effectuer des recherches pour voir comment renverser l’infertilité à Maurice.

Par ailleurs, il avance que des recherches peuvent être faites dans différents domaines du pays, tels les énergies renouvelables et l’économie océanique. Alors que le MRIC prendra bientôt la place du Mauritius Research Council, Anil Gayan soutient qu’il ne faut plus penser à des recherches qui restent sans aucun impact mais plutôt à celles qui ont un but. « Ce projet de loi a pour objectif d’améliorer la vie des Mauriciens », dit-il. Le ministre fait également mention des chercheurs qui ont fait des études importantes à Maurice mais dont les noms n’ont jamais été honorés. Il souhaite de même que ce projet de loi « offre la chance aux jeunes » de développer leur intérêt pour la recherche et l’innovation. « Les jeunes doivent savoir que la vie, ce n’est pas uniquement travailler dans la fonction publique ou les paraétatiques. Ils doivent regarder leur avenir », dit-il.

Par ailleurs, Anil Gayan dit être conscient qu’à chaque fois que la recherche est avancée, une crainte empare plusieurs personnes. Si les chevaux et les chars ont disparu avec l’avènement de l’automobile, il avance que l’innovation amènera d’autres emplois. « Certaines personnes ont peur de la recherche, craignant qu’elles perdent leur emploi. Mais nous ne pouvons arrêter le progrès », dit-il, mais rassure que « d’autres emplois seront créés ».

Quant au député Raj Rampertab, qui est aussi intervenu sur le projet de loi, il soutient que le MRC a fait un long parcours dans la recherche et qu’après 27 ans d’existence, « il était temps de venir avec des changements approfondis, d’où le fait de passer du MRC au MRIC ». Lors de son discours, il a aussi rappelé le procès de l’ancien régime s’agissant de la recherche. Il fait ressortir que l’ancien gouvernement « n’avait investi que 0,18% » de Produit intérieur brut dans la recherche « par rapport à ce gouvernement qui investit plus ». Il ajoute : « Nous ferons des efforts pour investir dans la recherche. »

À travers ce changement de nom, il croit que la curiosité des jeunes sera plus axée autour de la recherche. Et de souligner que le MRIC rendra public son rapport annuel. Le député de l’opposition Alan Ganoo, qui a donné son accord à ce projet de loi, estime qu’il était temps de le présenter. « Nous ne pouvons ignorer les avantages de la recherche et de l’innovation », dit-il, tout en définissant l’innovation comme le processus de traduire une idée en un service qui crée de la valeur. Toutefois, il n’a pas manqué de critiquer le retard de ce projet de loi.

Selon lui, le Mauritius Research and Innovation Bill aurait dû être sous la tutelle du Premier ministre et non du ministère des TIC. Le ministre de la Sécurité sociale, Etienne Sinatambou a, lui, soutenu l’importance de se concentrer sur la recherche « pour ne pas être mis à l’écart ». Selon lui, le but de l’innovation est d’encourager la recherche. « C’est toute une riche connaissance qui sera créée », dit-il.