Les conclusions de l’exercice d’arbitrage effectué par l’ex-juge de la Cour suprême Premila Balgobin suscitent une vague de déception et de commentaires parmi les syndicats d’employés de Mauritius Telecom alors que la direction, elle, se dit satisfaite qu’il prenne fin. Une rencontre avec la juge est sollicitée pour faire la lumière sur plusieurs points dont essentiellement l’intégration, dans cette nouvelle grille de conditions, des 131 employés n’ayant pas opté en 2008 pour les conditions de la période 2008-2012 dans le cadre du rapport Appanna.
Les trois syndicats de MT, la Mauritius Telecom Employees Association (MTEA), la Telecommunication Employees and Staff Association (TESA) et la Telecom Workers Union se disent « déçus » après lecture et analyse des conclusions du rapport Balgobin, dont les services avaient été retenus pour trancher sur les litiges entre la direction de MT et les syndicats, notamment au sujet des conditions de salaires et des avantages pour la période 2012-2016.
Au cours des discussions en 2012-2013 entre les trois syndicats et MT pour négocier sur les conditions salariales et les benefits, les différentes parties étaient arrivées à un deadlock avec environ 20 % des éléments toujours en suspens, notamment les barèmes d’augmentation de salaires et les bonus de performance ainsi que l’intégration dans cette nouvelle grille de conditions, des 131 employés qui n’avaient pas opté pour les conditions de la période 2008-2012 du Commissaire salarial Appanna. Ce qui a conduit à l’arbitrage, un accord final n’ayant pu être conclu entre la direction de MT et les trois syndicats des employés de la compagnie.
Le rapport de l’arbitrage effectué par Premila Balgobin a été remis aux parties concernées le 27 mai dernier. Alors que la décision du juge est « final, without appeal and binding », la principale déception, du côté des syndicats, est que les 131 employés concernés ne bénéficieront pas d’arriérés remontant à 2008 mais pour seulement 6 mois. Une décision qui, selon les syndicats, a pour effet de créer un « sentiment de frustration » parmi ces employés. Ils considèrent cela comme une « injustice » commise envers les 131 employés. « Ils sont démoralisés », indique Raj Rughoonauth de la MTEA. Ce dernier demande par conséquent à la direction de MT de considérer le cas de ces personnes sur une base « humanitaire ».
Georges Christine, président de la TWU, a le sentiment que la juge a donné gain de cause à la plupart des propositions de la direction de MT. Avis que partage son successeur, Indiren Carpenen et Raj Rughoonauth de la MTEA. Pour signifier sa désapprobation du rapport, Raj Rughoonauth était allé jusqu’à brûler une copie de ce document devant les locaux de MT, la semaine dernière. La MTEA réclame de ce fait une rencontre avec l’ex-juge Balgobin en toute urgence. « Nous demandons qu’elle nous rencontre, qu’elle nous explique et qu’elle clarifie certaines choses », soutient Raj Rughoonauth qui dit avoir soulevé la question alors d’une rencontre hier avec le ministre des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC), Tassarajen Pillay Chedumbrum et le président du conseil d’administration de MT, Asraf Dulull.
Alors que la désillusion et le mécontentement règnent dans le camp des syndicats, la direction de MT se dit pour sa part satisfaite que cet arbitrage prenne fin. « Nos employés bénéficient de bonnes conditions de travail depuis de nombreuses années. Dans le cadre du Collective Agreement, nous voulons offrir les meilleures conditions possible en tenant compte des réalités de l’entreprise et de son secteur d’activités, afin de maintenir la santé financière de notre entreprise ainsi que la création d’emplois et la forte contribution de Mauritius Telecom à l’activité économique de Maurice et de sa population. Il y a eu des obstacles, mais le principal est que les nouvelles conditions sont maintenant définies et que nos collaborateurs peuvent en bénéficier pleinement », affirme Sarat Lallah, CEO de MT, dans une déclaration de presse.
Dans un communiqué largement diffusé dans la presse, la direction de MT fait également remarquer qu’elle avait déjà accordé, en décembre 2012, une augmentation de salaire intérimaire de 12,5 % afin, dit-elle, de ne pas pénaliser les employés, en l’absence d’accord final avec les syndicats à cette date et dans l’attente de l’arbitrage.