Pour Suraj Ray, président de la Telecommunications Employees and Staff Association (TESA), le rapport de l’arbitre Premila Balgobin sur les salaires et conditions de travail « est entièrement en faveur du management ». Il avance quatre points pour soutenir son argument.
D’emblée, M. Ray estime que Mauritius Telecom (MT) fait des profits « énormes » tous les ans, mais qu’elle n’offre à ses employés qu’une augmentation salariale de 16,7%, soit « mwins ki travayer CNT in gayne ». Il développe : « C’est une aberration totale. Comment l’arbitre pourra-t-il justifier une telle augmentation quand on sait que MT fait des profits se chiffrant en milliards de roupies chaque année », lance-t-il. M. Ray avoue avoir pensé que les conditions de travail iraient en s’améliorant. « Nou ti panse nou annual leave, ki ti redwir drastikman an 2008, pou retabli me li fin don nou enn kar mwa saler pou kompansasyon. Les employés sont donc toujours perdants », fait-il ressortir.
Poursuivant ses commentaires, le président de la TESA indique que 131 employés de MT attendent leur “back-pay” depuis six ans. « Ils n’ont eu leur “back-pay” que depuis deux ans seulement, soit depuis 2012. Pourquoi les pénalise-t-on ? », s’interroge-t-il. S’agissant du boni de productivité, appelé “Performance Management System” (PMS) – basé sur un système de pointage –, « nous avions relevé qu’il s’agit d’un système discriminatoire et subjectif, utilisé comme un outil de répression », avant de poursuivre : « Il n’encourage pas les employés à donner le meilleur d’eux-mêmes. » Selon M. Ray, l’arbitre a accordé aux employés un boni basé sur la profitabilité de l’entreprise que celle-ci doit verser à partir de 2012. Or, dit-il, MT mettra ce boni en vigueur à partir de 2014.
De manière générale, fait ressortir M. Ray, les employés sont restés sur leur faim. « Ils sont totalement déçus des recommandations du rapport d’arbitrage », soutient-il. M. Ray se demande aussi pour quelles raisons les 500 personnes travaillant au MT Staff et au Call Service n’ont pas droit à la hausse salariale de 16,7%. « Parce qu’ils sont sous contrat ? Ce n’est pas une raison », estime-t-il.
Par ailleurs, M. Ray trouve « inapproprié » de la part de la direction de MT de publier les conditions de travail de ses employés dans la presse par le biais d’un communiqué alors que « limem li diman sindika pa divilge ban sekre negosyasion ». Il déplore également les problèmes de remboursement des frais médicaux que les employés ont avec la compagnie d’assurances, où ils ont été assurés par MT. « Cela fait des mois que la compagnie ne nous rembourse pas nos frais médicaux. MT et cette compagnie se renvoient la balle alors que les déductions de nos salaires se poursuivent normalement », ajoute notre interlocuteur. M. Ray dénonce aussi les « agressions » dont sont victimes des employés de MT de la part de certains membres du public « parski kontrakter pa fin fer so travay ».