Des personnes qui sont rentrées d’Agalega hier, à bord du Mauritius Trochetia, ont dû faire face à une fouille minutieuse au port en raison d’un soupçon de trafic de viande de tortue. Les cargaisons frigorifiées n’ont pas été livrées. Ce matin, toutefois, les passagers ont pu récupérer leurs affaires, mais ils dénoncent le fait que certains fonctionnaires n’ont pas été inquiétés par cet exercice. Nous n’avons pu avoir confirmation auprès du ministère de la Pêche si de la viande de tortue a bien été interceptée.
Ces passagers rentrés d’Agaléga hier n’ont pas caché leur mécontentement concernant cette situation. Surtout du fait que certains ont payé le taxi pour récupérer leurs affaires. « Certains sont venus d’aussi loin que Lallmatie ou Rivière-des-Galets. En plus, le bateau est arrivé le soir. C’est la première fois qu’on a vu une telle chose », témoigne un passager.
Ce matin, ces passagers se sont à nouveau rendus au port pour récupérer leurs cargaisons frigorifiées. « Sur place, il y avait des membres de l’ADSU et du ministère de la Pêche. J’ai été choqué de voir que mes sacs avaient déjà été ouverts. » Les Agaléens ne cachent pas leur amertume devant le traitement accordé à certains fonctionnaires. « Alors que nous devions faire la queue et vider nos sacs, ils ont récupéré les leurs sans problème », déplorent-ils.
À l’heure où nous mettions sous presse, nous n’avons pu avoir confirmation auprès du ministère de la Pêche si de la viande de tortue a bien été trouvée sur le bateau. Cependant, les Agaléens affirment que certaines cargaisons de poissons ont été saisies.
Depuis 2013, la Mauritian Wildlife Foundation avait émis son inquiétude concernant un trafic présumé de viande de tortue de mer entre Maurice et Agalega. Selon cette organisation militant pour la protection de la faune et de la flore, des pêcheurs captureraient ces tortues, pourtant protégées, pour vendre leur chair à une clientèle mauricienne. Ce marché illégal serait même très lucratif. La viande de tortue est vendue à plus de Rs 1 000 le kilo.