Ces Croquis anciens sont le fruit de plusieurs années de réflexion, de regard porté sur le monde — regard souvent nostalgique. C’est ainsi que se présente le recueil de nouvelles de Max Job : autant d’échanges entre le narrateur et son lecteur. Autant de missives envoyées, d’engagement en faveur de l’être humain. Au départ, cette primauté absolue de la famille, l’enfance, la vie insulaire (Le vieux marin et le requin, L’étranger égaré chez nous, Rencontre après le cyclone Carol). Ces récits trouvent aujourd’hui un écho qui dépasse la seule question d’écriture : l’identité, la personne, l’histoire (Le vieil arbre, Un rappel de quelques noms de la renaissance, Byzance-Constantinople). Divers points de vue s’affrontent dans un tourbillon de références. Le lecteur est entraîné dans une aventure intellectuelle et spirituelle.
Aves la tranquille érudition d’un sage, les histoires de Max Job permettent de comprendre comment les souvenirs deviennent le terreau de toute une littérature où l’on croise les mythes, les guerres, les rivalités. L’auteur n’est pas absent de ce recueil puisqu’il s’amuse à mettre en garde contre les chutes brutales (La grue qui flanche). Max Job raconte, dans son livre de la vie, un combat avec un mélange d’allégresse et d’ingénuité. On est impressionné par la diversité des récits et on peut mesurer la distance et la lucidité nécessaires qu’il a fallu pour ne pas tomber dans l’idéologie. L’auteur n’est pas qu’un rêveur éveillé par son passé. Il a aussi les yeux du poète, la perception intérieure et la distance face au monde moderne. C’est une sorte de bienséance que Max Job nous livre, une forme de vie conjuguant l’insolite sur un mode personnel, laissant affleurer ses affres et ses doutes.