• Entre le DG de circonstance Anooj Ramsurrun, qui mérite un oscar pour sa prestation dans un enregistrement vidéo, et le président Bijaye Ramdenee, qui se mêle de la gestion au quotidien, le service public est au plus bas
  • Une journaliste sanctionnée pour avoir relevé la minceur des qualifications du DG p.i., animateur protégé, alors qu’il est dans le viseur de la police.

A chaque changement de direction de la MBC, le public, qui paie ses Rs 150 de redevance, qu’il regarde ou pas cette horreur de service public, s’attend à ce que sa gestion s’améliore, mais il paraît que cela relève d’une mission impossible, puisque la situation n’arrête pas de se dégrader. Pour ceux qui y travaillent et qui croient être investis d’une mission, le sentiment, ces jours-ci, c’est que le service est au plus bas et que la médiocrité est vivement encouragée par ceux qui occupent le sommet de la hiérarchie.

Ce ne sont pas les faits qui manquent pour conforter ce sentiment. Surtout avec les agissements du directeur général de circonstance qui assure l’intérim, Anooj Ramsurrun, et le président Bijaye Ramdenee, qui participe, lui, à une réunion de l’association du 3e âge du MSM, Klib Soley, dans la circonscription No 8 qui n’est autre que celle du Premier ministre qui l’a nommé à ce poste.

Le dernier haut fait du DG, c’est cette vidéo qui circule le montrant en train de dénoncer les pratiques mafieuses et les mauvais comportements des employés. Pour beaucoup de ses collègues, une telle prestation mériterait un oscar pour la médiocrité et la vulgarité du propos et, qui, en plus, constitue une sorte de own goal dans la mesure où ce protégé de Dan Callikan est lui-même le produit du système qu’il dénonce.
Quant au président Bijaye Ramdenee, il est devenu la risée des employés depuis ses explications absolument fumeuses sur sa surprenante présence à une activité partisane du mouvement du 3e âge, le Klib Soley, symbole du MSM et en présence du Premier ministre, Pravind Jugnauth.

Frictions interminables à tous les étages
Alors que tout le monde a dénoncé cet écart qui consistait à “montré figir” à celui qui l’a nommé, le très inspiré président de la MBC a défendu sa présence à cette activité du MSM en disant qu’il s’agissait d’une fonction sociale et qu’il ne pouvait pas “rester dans une cave”.

Comme ils donnent le bon exemple à la tête de la MBC, c’est une véritable foire qui s’est installée à tous les niveaux de cet organisme. Pour les initiés, c’est tout un roman qu’il faudrait écrire pour relater dans le détail le degré de délitement atteint ces derniers temps par des problèmes de gestion des ressources humaines et des frictions interminables à tous les étages.

C’est, en premier lieu, l’affaire de la Senior News Editor, Manisha Jooty, qui agite le plus en ce moment les couloirs de la MBC, au Réduit.  Cette journaliste qui est aussi un membre de l’exécutif du syndicat s’était déjà fait remarquer il y a moins de deux mois, le dernier week-end de juillet, après son altercation dans un langage très fleuri avec la maquilleuse de service.

L’incident s’était déroulé devant d’autres collègues et même des membres du public venus assister au jeu « Qui veut gagner des millions ? ». La maquilleuse, une parente d’un ancien ministre travailliste, était tellement bouleversée par cette salve inattendue qu’elle a dû recevoir des soins à la clinique voisine du quartier général de la MBC après une brusque montée de sa tension artérielle. Alors que le département des ressources humaines avait entrepris d’initier les procédures d’usage pour sanctionner ce mauvais comportement, la direction est intervenue pour que l’affaire ne s’ébruite pas et pour qu’il n’y ait aucune suite à cet incident.

Et comme le hasard ou le destin fait quelques fois bien les choses, il a fallu que la même journaliste s’en prenne, cette fois, au directeur général par intérim pour qu’une sanction tombe. Ce parallèle entre les deux incidents est la parfaite illustration des dérives gestionnaires de la MBC.

Les quatre vérités en face
Les faits se sont déroulés lors d’une réunion entre direction et syndicat lundi dernier. Alors que la Senior News Editor était en congé, elle a tenu à participer à la réunion à laquelle la direction avait aussi convié un autre employé. Ce qui a été considéré comme une provocation par la journaliste-syndicaliste. Le ton est vite monté lorsque Manisha Jooty a lancé à la figure d’Anooj Ramsurrun qu’il est le moins qualifié de toute l’histoire de la direction de la MBC. Elle n’a pas non plus ménagé le président à qui elle a tenu à dire ses quatre vérités. Notamment son statut de chairman à temps partiel et son inacceptable intrusion dans le day-to-day management.

Résultat, elle a été suspendue de ses fonctions en attendant de passer devant un comité disciplinaire. Si la page de l’incident avec la maquilleuse semblait tournée, la direction l’a remise sur le tapis pour mieux étoffer le dossier à charge contre Manisha Jooty. Même si ses collègues n’approuvent pas toujours les méthodes de la Senior News Editor, ils sont néanmoins contents qu’elle ait relevé le déficit de qualifications du directeur par intérim. Qu’elle lui ait dit ses quatre vérités en face.

État second
Toujours en matière de gestion des ressources humaines, on parle beaucoup, ces jours-ci, des frasques d’un animateur recruté après d’énormes pressions exercées sur l’ancienne direction. Celui-là, il fait mieux encore que la Senior News Editor.
Se sentant protégé pour avoir, lorsqu’il exerçait ailleurs, décroché quelques entretiens avec la famille Jugnauth, il se croit tout permis. Les relations avec ses collègues sont tout bonnement exécrables, expliquent des employés très remontés de la protection dont il jouit, ce qui lui vaut un salaire assez élevé et une voiture personnelle aux frais de la MBC.

Sa situation de protégé lui même permis d’obtenir l’éviction d’un supérieur hiérarchique qui tentait de le ramener à la raison. Or, son dossier est assez chargé. Il a, par exemple, exigé qu’un de ses collègues aille déposer un gâteau d’anniversaire destiné au gagnant d’un jeu-concours à un de ses proches.

Il est aussi question d’une vidéo où il est filmé dans un état second non loin d’un arrêt d’autobus et de l’argent qu’il emprunte à ses collègues pour se payer apparemment ses goûts prononcés pour les produits qui procurent une certaine détente. Au point où il serait dans le viseur de la police. Ses écarts sont toutefois ignorés, puisqu’il est dans les bons papiers du chairman avec qui il a d’ailleurs été vu quasiment en train de festoyer lors d’une fonction politique récente.

Comme les récriminations s’accumulent contre cet employé, les ressources humaines envisagent de lui demander un certificat de caractère avant de considérer la suite à donner à sa carrière à la MBC. Et c’est aussi dans le département où il exerce qu’un collègue a reçu une mise en demeure du supérieur hiérarchique dont l’animateur a obtenu la tête.

Comme rien ne marche comme il se doit à la MBC, on parle aussi de cet incident, le deuxième du genre, qui a témoigné du malaise d’une personne au cours de l’enregistrement du jeu « Qui veut gagner des millions ? », émission qui risque, en plus, de se révéler moins lucratif en termes de recettes publicitaires pour la MBC, selon des sources internes.

On ne sait pas si c’est l’alignement de nombreux zéros qui affolent ceux qui sont impliqués dans l’enregistrement de cette émission, mais heureusement qu’il y avait un médecin dans le public cette fois-ci pour venir au secours de la personne.

Avec autant de faits singuliers, il est à se demander si la MBC ne devrait pas se mettre à la télé-réalité avec des acteurs maison, qui paraissent vraiment doués pour des rôles de second plan. Peut-être que ça ferait un tabac.