Licencié par la Mauritius Broadcasting Corporation le mardi 10 janvier, Nitin Chinien dénonce certaines pratiques à la station nationale de radio/télévision de Moka et réclame sa réintégration immédiate. L’animateur radio soutient qu’il n’a pas été mis au courant des faits exacts qu’on lui reproche, ni a eu l’occasion de se défendre et qualifie ainsi son renvoi d’arbitraire. Il dit par ailleurs avoir pris rendez-vous à l’Independent Commission Against Corruption pour déposer un dossier sur des pratiques liées à la « fraude et la corruption » à la MBC.
Nitin Chinien, qui animait six heures d’émissions par jour, a été remercié par la station nationale le mardi 10 janvier. Le principal concerné dénonce toutefois qu’à ce jour il n’a pas été mis au courant des faits exacts qui lui sont reprochés.
« Selon les procédures, j’aurai dû être convoqué devant un comité disciplinaire où l’on m’aurait fait écouter les propos jugés graves et qui auraient jeté le discrédit sur la MBC, comme le stipule la station dans un communiqué. Mais cela n’a jamais été le cas. Je n’ai pas eu l’occasion de me défendre non plus », soutient-il. Pour cela, l’animateur radio demande sa réintégration immédiate. Il se demande également pourquoi la police n’est pas venue l’interroger s’il a réellement fait des allégations aussi graves.
Pour Nitin Chinien, cette situation découlerait tout simplement d’un refus depuis longtemps d’être un « outil politique » et il n’a pas hésité à dénoncer certaines pratiques à la MBC. « Toutes ces choses, je les ai même chantées sur mon dernier album sorti en octobre 2011. L’album a été d’ailleurs banni des antennes de la MBC. »
Nitin Chinien refuse d’être qualifié d’« animateur à temps partiel » à la MBC car « je suis au service du peuple et de la musique locale depuis sept ans sur la MBC… J’ai 6 heures d’émissions par jour et 35 heures par semaine ». Toutefois, comme « 90 % des animateurs, je n’avais aucun contrat avec la MBC.J’ai continué à travailler dans ces conditions par passion ». Il explique qu’il a choisi le service public par vocation de « travailler pour le peuple ».
Dans ce même ordre d’idées, l’animateur radio s’élève contre des artistes-animateurs qui joueraient leurs propres chansons et celles de leurs labels au cours de leurs émissions. « Cette pratique équivaut à une fraude, la MBC devant payer les droits à la Mauritius Society of Authors (MASA) pour chaque chanson diffusée. Au bout du compte, c’est l’artiste et le producteur qui touchent cet argent auprès de la MASA ».
L’employé licencié avance qu’il a déjà été agressé par un producteur et une animatrice pour avoir dénoncé ces pratiques, mais qu’il a préféré ne pas donner suite à cette affaire. Mais à la tournure qu’a prise son nouveau renvoi – il avait déjà été remercié puis réintégré en 2010 –, il compte faire une déposition auprès de l’ICAC sur ces pratiques et bien d’autres. « Grâce à mes initiatives, il y aura peut-être des démissions en masse à la MBC », soutient-il.
Nitin Chinien, qui dit détenir un statut d’artiste à la MBC, rappelle qu’il est un chanteur engagé et qu’à ce titre, il a toujours refusé des pratiques ne correspondant pas à ses convictions. Il s’étonne que la MBC ait été la seule station à se démarquer du concours du séga de l’année.