Chacune de ses apparitions déclenche le fou rire. Sanjeev Moheeputh ne passe pas inaperçu dans les foyers puisque du lundi à vendredi, il est présent sur MBC1, à 19 h 15, et pendant 4 minutes, il distille ses blagues dans l’émission Anu Ryé. L’humoriste est également l’auteur d’un DVD, Manzer la Vie, qu’il se charge lui-même de vendre chez les clients qui le sollicitent. « J’aime cette proximité avec mon public. » Quand l’humour s’invite à domicile, avec Sanjeev Moheeputh, cela ne peut que faire recette.
Il y a quelques années, il n’avait pas hésité à proposer un spectacle 18R à son public, qui avait été bien reçu. « J’avais bien fait comprendre aux gens que l’humour 18R était réservé à un public averti et j’ai été agréablement surpris de voir des personnalités, des dames dans le public. Je sensibilise beaucoup les gens aussi sur les fléaux de la société. » Démarrer l’année en riant, telle est la maxime de l’humoriste. Il se souvient de ses débuts alors qu’il était encore adolescent. Invité dans un mariage pour mettre de l’ambiance, il a fait rire près de 200 personnes. « Cinq heures que j’étais dans ce mariage et c’était le succès assuré. » Un concours sur Radio Fou Rire organisé par le Rotary Club à l’occasion de ses 100 ans et le voilà propulsé dans le rang des fins humoristes. « Je me suis glissé dans la peau d’un Amitabh Bachchan et j’ai retravaillé ce personnage à ma manière. J’ai aussi écrit un autre gag sur Cochon cone compté. »
Les blagues de Sanjeev Moheeputh reposent grandement sur la société mauricienne et ses travers. « Mon travail consiste à destress dimounn, mais après mwa ki fini par stresser. Mo lévé vers 2h dimatin pu écrire mo bane sketch et trouv l’inspiration, c’est ène travay pas facile. » Parlant du DVD Manzer la Vie, Sanjeev dit sur une note d’humour : « Chaque dimoun éna ène manzer la vie dans so la case, mo rôle, c’est fer dimoun rié par zour. » Si son travail le passionne, notre interlocuteur reconnaît que ce n’est pas facile de gagner sa vie dans ce métier : « Le piratage, c’est le mal de tous les artistes. On dépense beaucoup pour faire un CD et akoz piratage nou gayn tigit revenu. » Son dernier DVD contient également une partie destinée aux tout-petits : « Il faut leur montrer dès leur jeune âge que l’éducation est importante. » Parlant de sa carrière, Sanjeev Moheeputh reconnaît qu’il a été chanceux d’avoir pu se faire accepter par le public. « C’est un devoir pour un artiste de donner à son public ce qu’il recherche. Un artiste ne peut pas se contenter uniquement d’être sur scène, car sans son public, il n’est rien. Ce qui me fait plaisir dans le petit programme de 4 minutes de Anu Ryé, c’est que je suis présent dans plusieurs maisons et qu’en sus de l’humour, je leur fais visiter chaque jour un lieu différent. »