La dernière édition de MCB Focus, intitulée Mauritius Inc. – The Challenge of Investing in Growth, rendue publique vendredi, se présente sous la forme d’une mise en jambes en prévision du discours du budget 2014. Toutefois, le principal sujet abordé par le Chief Strategy Officer de la Mauritius Commercial Bank,  Gilbert Gnany, porte sur la problématique des investissements déficients enregistrés au cours de ces dernières années. La crainte de répercussions sur la croissance économique et la création d’emplois est évoquée sans ambiguïté aucune. Dans la conjoncture budgétaire, la MCB se déclare en faveur d’une pro-growth strategy avec pour principal élément un régime fiscal simple, transparent et “predictable” susceptible de restaurer la confiance dans le monde des affaires et relancer les investissements, la clé de toute croissance économique.
Brossant un tableau de la situation, la MCB met en exergue la détérioration du taux de chômage pour la cinquième année consécutive passant la barre de 8% cette année et une faible croissance de 3,2% pour cette année. Les prévisions pour le prochain exercice misent sur un taux variant entre 3,5% et 3,9% sur la base d’une légère amélioration de la situation sur les marchés d’exportation et des signes positifs au sujet de la mise à exécution des projets sous le Public Sector Investment Programme (PSIP).
“As it stands, the projected growth for the next year largely reflects a technical rebound, which is attributable to the cumulative statistical impact of several years of sub-par national economic expansion. As such, the country’s economic expansion for 2014 is likely to remain intrinsically fragile and insufficient to make a significant dent in the elevated unemployment levels”, soutient la MCB avant d’aborder le volet des investissements publics et privés.
Il est de plus en plus évident que des investissements équivalent à 21% du PIB sont de loin de pouvoir agir en tant que locomotive pour tirer Maurice au sommet de ses ambitions socio-économiques. Le minimum requis est de 30%. “The insufficiency of investment, principally by the private sector, is of real concern to Mauritius since capacity-building and enhanced productivity can be viewed as the most viable and dependable foundation for securing a high and sustainable growth path, alongside assisting in unwrapping wide-ranging avenues for resilient job creation”, maintient le Chief Strategy Officer de la MCB.
Sur la base du constat, la MCB propose des “pragmatic and pro-growth policies to assist Mauritius in more effectively weathering external shocks, buttressing its competitiveness internationally, rekindling economic growth and bolstering employment creation”. Cette politique devra englober une série de mesures favorisant une fiscalité légère et transparente en complément à un policy focus encourageant des Foreign Direct Investments (FDI) à forte valeur ajoutée,  éliminant des goulots d’étranglement dans la réalisation des projets d’infrastructure publique et la promotion de private-public partnerships.
Urgence
Justifiant l’urgence des mesures en vue de renverser la tendance, la MCB avance que “if unaddressed or ineffectively tackled, such dynamics could push the Mauritian economy into a self-sustaining low-growth conundrum over the longer term, with the challenge of quickly and conclusively out of such a vicious circle not likely to be an easy task for both the public and private stakeholders”. Ainsi, le ratio des investissements publics par rapport au PIB frise le plancher des 5% cette année en raison d’importants délais dans les travaux alors que pour les investissements privés, le taux est descendu à 16% contre 20% il y a cinq ans.
MCB Focus dresse une liste d’inhibiting factors sur la voie d’une amélioration de l’ease of doing business, soit comme suit :
Infrastructure physique : des lacunes majeures au niveau de l’infrastructure routière et du transport en commun, des problèmes chroniques avec le stockage et la distribution d’eau potable, la fourniture d’énergie électrique, le coût des services dans le secteur informatique et l’infrastructure portuaire ;
secteur public : des lacunes dans l’encadrement institutionnel pour faciliter des initiatives dans le monde des affaires, la capacité pour la mise à exécution des projets, des procédures administratives lourdes et encombrantes et le fonctionnement des corps para-publics en déphasage avec la réalité économique ;
marché du travail : le skills mismatch avec l’urgence d’une main-d’oeuvre plus qualifiée, un labour activity rate se comparant de manière désavantageuse par rapport à d’autres pays, le mécanisme de la fixation salariale et le taux de scolarisation au secondaire et au tertiaire.
Dans la conjoncture, la MCB se laisse tenter par l’idée d’un nouveau modèle économique, notamment calqué sur l’exemple adopté par la Malaisie depuis 2010 avec un “conceptual macro-plan and eight broad strategic reform initiatives for unlocking private and public investment, driving labour and capital productivity and boosting market efficiency”. Les résultats obtenus par la Malaisie en 2013 sont considérés comme étant des plus encourageants avec un taux de croissance de 5% et un taux d’investissements de l’ordre de 30%.
À Maurice, la MCB préconise un public-priavte dialogue mechanism, doté d’un mandat bien défini pour mettre à exécution une national investment strategy. En contrepartie, la plus importante banque commerciale fait état de la nécessité de recréer les conditions pour relancer la culture de l’épargne avec une amélioration du National Savings Ratio. Au cours de ces dernières années, le Gross Domestic Savings to GDP Ratio est passé de 25% à 12% en 2013, le Gross National Savings n’atteignant que 14%.
“Alongside recognising the pertinence of encouraging savings by households through specific micro-économic measures and incentives, it is important that a business-friendly and accommodative economic policy stance be endorsed by the authorities, which should help to underpin corporate financial performances and promote investment undertakings”, préconise la MCB.
En conclusion, le Chief Strategy Officer de la MCB réitère le fait que “there is a pressing need for the Mauritian economy to display the right mix of determination, boldness and assurance to combat its internal shortcomings, go abroad an assertive recovery path”, pour ne pas rater le train de la reprise économique au moment approprié.